Fissures, bosses et trous : comment sauver son placo sans tout refaire ?

Fissures, bosses et trous : comment sauver son placo sans tout refaire ?

Il y a ce moment gênant. On déplace un meuble. Et là, paf. Une bosse béante au milieu du mur. Ou pire : un trou. Un de ceux qui regardent de travers chaque fois qu’on passe devant. Pas envie de tout refaire ? Bonne nouvelle : il y a moyen de sauver les meubles. Et les murs.

Le placo, c’est fragile… mais pas capricieux

Le placo, c’est un peu comme une coquille d’œuf. Léger, pratique, mais sensible aux coups de la vie. Un cadre trop serré, une porte qui claque, un meuble mal calé, et voilà la fissure qui s’invite comme un cheveu sur la soupe.

Mais avant de paniquer, soufflez. Il y a une différence entre un petit accroc et une structure qui menace de s’effondrer. Et souvent, ce qu’on croit foutu ne demande qu’un peu de soin. Comme une peau sèche qu’on hydrate.

Petit trou, grande solution

Un trou de cheville, ça arrive. Un tableau mal vissé, une vis retirée à la va-vite, et on se retrouve avec un petit cratère bien moche. Heureusement, pas besoin d’appeler les grands renforts.

  • Un enduit de rebouchage (oui, même en tube, ça marche)
  • Une spatule propre (le couteau à beurre n’est pas recommandé, mais bon…)
  • Un coup de ponçage après séchage

Et hop. Ni vu ni connu. C’est presque magique. Enfin, presque.

Astuce en plus : si le trou est profond, mieux vaut reboucher en deux fois. La patience, c’est la moitié du boulot.

Les fissures : le drame visuel

Elles sont fines, sournoises. Souvent verticales. Et toujours placées pile là où on pose les yeux. Fissures de joint, de tension, de dilatation… ça bouge, ça vit, un mur.

Mais là encore, pas besoin de tout casser.

  1. Gratter légèrement la fissure (ça fait un peu peur, mais c’est utile)
  2. Appliquer un calicot (ce petit ruban qui renforce le joint)
  3. Recouvrir d’enduit de lissage
  4. Poncer quand c’est bien sec (vraiment sec, pas juste “ça a l’air sec”)
  5. Repeindre si besoin

Et voilà. Un mur qui ne trahit plus son passé. On a tous droit à un nouveau départ, non ?

Et les bosses alors ?

Ah… les bosses. Moins méchantes que les trous, mais tout aussi irritantes. Le genre de défaut qu’on ne voit que sous une certaine lumière. Mais une fois qu’on l’a vu, c’est fini. Impossible de l’ignorer.

Dans la plupart des cas, c’est juste une déformation superficielle. La solution ? Ponçage léger, enduit de finition, ponçage fin à nouveau. Une histoire de douceur, de gestes calmes. Pas besoin de violence. Le mur n’a pas demandé ça.

Si la bosse est gonflée d’eau (vraiment), il faudra vérifier l’humidité. Parce que là, le placo peut être imbibé, et là… pas le choix. Il faut parfois découper, sécher, réparer. Mais bon. On ne va pas imaginer le pire tout de suite.

Les erreurs qui ruinent tout (et qu’on voit trop souvent)

  • Reboucher sur du placo poussiéreux. Résultat ? Rien n’adhère. Tout se décolle.
  • Poncer comme un bourrin. Le mur n’est pas un parquet.
  • Peindre trop vite. L’enduit doit être sec. Vraiment sec.
  • Ignorer l’épaisseur du défaut. Un trou de 4 cm, ce n’est pas une simple rayure.

On croit gagner du temps, mais on finit toujours par tout recommencer. Le placo, c’est comme un chat : si on ne le respecte pas, il nous le rend.

Des outils simples, des résultats bluffants

Pas besoin d’un atelier entier. Souvent, quelques outils suffisent :

  • Spatule fine
  • Enduit (rebouchage ou lissage)
  • Papier de verre grain 120 puis 180
  • Calicot pour les fissures
  • Une lampe rasante pour tout vérifier

Et un peu d’amour du détail. Parce qu’un mur, c’est aussi ce qui tient la maison debout. Et l’ambiance.

Un mur propre, c’est comme une peau apaisée. On respire mieux. On ose de nouveau accrocher ce cadre, ce miroir, cette étagère bancale qu’on adore. Parce que le plus beau, dans tout ça, c’est que rien n’est irréversible. Pas même les traces du passé sur du placo

🪶 Signé Rose Lama, rédactrice pour La Cavalcade. Formée à l’architecture et spécialisée dans les sujets liés à l’habitat, elle écrit depuis les chantiers, les ateliers, les maisons habitées. Chaque article naît d’un regard posé sur le réel — celui de l’Atelier Clarté, entre Paris et Houdan. En savoir plus sur Rose Lama.