Qui a dit que poser du placo devait finir en crise de nerfs ? Franchement. On dirait qu’on parle d’une opération à cœur ouvert, alors que c’est juste du plâtre vissé sur des rails. Bon, juste, c’est vite dit. Ceux qui ont déjà tenté savent. Ce n’est pas une balade de santé. Entre les plaques qui grincent, les rails qui font des caprices et la visseuse qui glisse… on comprend pourquoi certains finissent affalés, les bras en croix, à fixer le plafond (pas encore monté).
Et pourtant, on vous jure : avec les bons gestes, les bons outils… et un peu d’amour propre, on peut y arriver sans crise existentielle.
Le secret ? Préparer, pas improviser
Poser du placo, c’est comme faire une fondue. Si on commence à couper le fromage au dernier moment, ça déborde. Ici, même idée. Il faut anticiper.
On fait quoi en premier ? On mesure. On re-mesure. Puis on trace les emplacements des rails métalliques. Droits. Propres. Comme si on faisait un gâteau d’anniversaire pour belle-maman. On coupe les rails avec une grignoteuse (ce nom… magique), on fixe les montants verticaux tous les 60 cm. Pas 62. Pas 59. 60 pile. Sinon ? C’est bancal, ça claque au moindre courant d’air.
Ah, et on pense à l’isolation ! Laine de verre, ou laine de roche si on veut du costaud. Pas besoin d’être un pro du bâtiment. Il faut juste un cutter, un peu de patience… et des manches longues (ça gratte, la laine, on vous aura prévenu).
Les plaques : ni trop tôt, ni trop tard
Ça y est, les rails sont là. Alignés comme des soldats. On pourrait presque les féliciter. Mais pas le temps : place aux plaques. Et là, attention. Une plaque de BA13, c’est environ 250 x 120 cm. Et 20 à 25 kilos dans les bras. Ce n’est pas une plume. Mieux vaut être deux. Ou investir dans un lève-plaque. Ce petit bijou évite 80 % des disputes de chantier.
Une astuce qui change tout ? Poser la première plaque en bas, en laissant 1 cm de jeu au sol (avec une cale ou même un vieux bouquin). Comme ça, l’humidité ne remonte pas. Oui, même si “c’est juste une cloison de chambre”. On ne rigole pas avec ça.
Vissage : le moment zen (ou pas)
Ça y est, la plaque est en place. Là, le corps entier est tendu. Un peu comme quand on porte un gâteau à étages. On respire… et on visse. Tous les 30 cm, sans trop forcer. Et pas trop près du bord, sinon le placo s’effrite, comme un sablé trop sec.
Petit détail qui sauve : visser à fleur, jamais enfoncer la tête de vis. Sinon, bonjour les trous, les reprises, l’enduit qui part en sucette. Et après, on peste contre le monde entier. Donc, visseuse bien réglée. On prend son temps. Même si le voisin dit qu’il fait tout en une matinée. On s’en fiche. Il ment.
Les découpes : pas besoin d’être Picasso
Les prises électriques, les interrupteurs, les angles biscornus ? Oui, ça fait flipper. Mais pas besoin d’être un sculpteur. On trace avec un crayon, on coupe au cutter, on finit à la scie cloche ou à la scie égoïne. Lentement. Précisément. Un petit coup de râpe à bois pour adoucir. Et c’est prêt. Pas parfait ? On enduira. Comme tout le monde.
Finitions : enduit, ponçage… et apéros
Là, c’est le moment où on croit que c’est fini. Spoiler : ce ne l’est pas. Il faut encore enduire les joints, poser les bandes à joint (papier ou armées, selon les goûts), lisser, poncer… et re-poncer. C’est poussiéreux, ça vole dans l’air comme une tempête de farine. Mais c’est ça qui donne le rendu nickel à la fin.
Et quand on regarde le mur sec, lisse, propre… il y a cette petite fierté qui monte. Un truc qu’on ne dit pas trop, mais qu’on sent au fond. On l’a fait. De nos mains. Sans hurler. Sans cramer tout le budget.
En résumé (rapide, promis) :
- Préparer les rails comme un plan de bataille
- Mesurer chaque chose deux fois, couper une seule
- Ne jamais visser comme un bourrin
- Poser les plaques à deux ou avec un lève-plaque
- Prendre le temps pour les joints et l’enduit
- Respirer, s’hydrater… et se dire qu’on gère
Poser du placo, ce n’est pas juste un chantier. C’est un petit défi perso, un truc entre soi et les murs. Un peu comme danser en chaussettes sur du parquet neuf. C’est maladroit au début. Puis ça roule. Et à la fin, on s’y sent bien.
Surtout quand on n’a pas fini chauve.
🪶 Signé Rose Lama, rédactrice pour La Cavalcade. Formée à l’architecture et spécialisée dans les sujets liés à l’habitat, elle écrit depuis les chantiers, les ateliers, les maisons habitées. Chaque article naît d’un regard posé sur le réel — celui de l’Atelier Clarté, entre Paris et Houdan. En savoir plus sur Rose Lama.
