comment faire du tri dans mon appartement

Comment faire du tri dans mon appartement ?

Ça commence toujours par un soupir.

Celui qu’on pousse en ouvrant le placard. Le tiroir. Le carton qu’on a jamais déballé depuis le déménagement de 2019 (on vous voit). Et ce moment, flou mais tenace, où on se dit : faut que je fasse du tri.

Mais par où commencer ? C’est pas juste une question de boîtes et de sacs poubelles. C’est une question d’énergie. De respiration. De place — dans les pièces, et dans la tête.

Stop à la surcharge visuelle : l’effet pizza 15 ingrédients.

Un appartement encombré, c’est comme une pizza recouverte de tout ce qu’il restait dans le frigo. Y’a trop. Et on ne sent plus rien. L’œil saute d’un bibelot à une pile de magazines. On se cogne le tibia sur un panier oublié. Le cerveau ? Saturé.

Trier, c’est pas une corvée. C’est un retour à l’essentiel, une manière de se dire « voilà ce qui compte ». Et parfois, ce qui compte tient dans une boîte à chaussures.

Le tri n’est pas un sprint. C’est un slow dance.

Pas besoin de retourner l’appart façon tornade en une journée. On peut y aller morceau par morceau. Un tiroir par jour. Une étagère pendant qu’on attend que les pâtes cuisent.

Ce qui compte ? La régularité, pas la performance. Le tri est un mouvement doux. Une série de petits « tiens, ça, en fait, je m’en sers plus », « ça, je le garde », « ça, non, ça dégage ».

Et si on doute ? On met de côté. Une boîte qu’on étiquette « à revoir dans un mois ». Souvent, on oublie même ce qu’il y avait dedans. C’est bon signe.

Le test du frisson : garder ce qui fait vibrer.

Inspiré du fameux « spark joy » de Marie Kondo ? Peut-être. Mais version moins perchée. Moins japonaise. Plus spontanée.

L’idée ? Ne pas garder « au cas où ». Ni par culpabilité. Ni parce que « ça peut servir ». On garde parce que ça a du sens. Une émotion. Un souvenir vrai. Un usage réel.

Une assiette fêlée qui rappelle un dîner d’été ? Gardée. Une multiprise cassée depuis 3 ans ? Dehors.

Les 3 piles magiques : Garder, Donner, Jeter.

Système simple, mais qui fait des merveilles. On sort tout. Oui, tout. Et on classe. Ce qu’on garde retourne à sa place. Ce qu’on donne ? Hop, dans un sac, direction la ressourcerie ou Emmaüs. Ce qu’on jette ? Un dernier regard, et merci pour les services rendus.

Petit conseil : faites ce tri quand vous êtes lucide et un peu déterminé. Pas fatigué, pas ému. Un dimanche matin, café à la main, playlist motivante.

Le tri, c’est aussi trier ce qu’on laisse entrer.

Une fois qu’on a fait de la place… attention à ce qu’on remet dedans. Sinon, c’est le retour du chaos. On devient un peu plus exigeant. On réfléchit avant d’acheter. On réinvente l’espace.

Chaque objet doit mériter sa place. Pas besoin qu’il soit « beau » dans l’absolu. Il doit juste être juste, pour vous.

Et après ? On respire.

Un appartement allégé, c’est comme une pièce après avoir tout rangé pour accueillir quelqu’un qu’on aime. Il y a de l’air. De la lumière.

On circule mieux. On dort mieux. On pense mieux. Parfois même, on retrouve des trucs qu’on pensait perdus. Des bougies oubliées. Un carnet rempli d’anciens dessins. Des souvenirs qui reviennent sans prévenir.

Le tri, c’est pas juste vider. C’est réaccueillir.

En résumé : comment faire du tri chez soi ?

  • Un petit pas à la fois : pas de marathon du rangement.
  • Le test du cœur : on garde ce qui fait battre un peu.
  • Des piles claires : garder, donner, jeter. Rien entre deux.
  • Moins c’est mieux : chaque objet compte. Et s’il compte pas… bye !
  • On prend soin de l’après : ne plus accumuler inutilement.

Faire du tri, c’est pas ranger pour ranger. C’est s’alléger. Se reconnecter. Se réconcilier avec ce qu’on a, et parfois, avec ce qu’on est devenu. C’est presque intime, en fait.

Et franchement, un appart qui respire, ça change tout. Même l’humeur. Même les matins.

Prêt à ouvrir le premier tiroir ?

Les méthodes de tri : à chacun sa sauce

Il n’y a pas de formule magique. Pas de méthode universelle. Juste des façons de faire. À piocher selon votre humeur, votre caractère, votre seuil de tolérance au bazar.

Kondo : le frisson dans les doigts

Vous tenez un objet. Il vous fait sourire ? Gardez. Il ne provoque rien ? Dehors. C’est tout bête, mais ça marche. On ne garde que ce qui « fait de la joie ». Un peu perché ? Peut-être. Mais souvent, ça réveille quelque chose.

Le 90/90 : froid mais redoutable

Pas touché ce truc depuis 90 jours ? Et vous pensez vraiment vous en servir dans les 90 prochains ? Si la réponse est non deux fois… vous connaissez la suite. Méthode radicale, parfaite pour trier quand on n’a pas le temps de philosopher.

Le jeu du 12/12/12

12 objets à jeter. 12 à donner. 12 à ranger. On met un chrono, on fait ça à deux, en s’encourageant. C’est simple, c’est concret. Et c’est presque rigolo. Une sorte de gymnastique du tri.

FlyLady : le tri des doux

Pas de grand bouleversement. On divise son appart en zones. Une par semaine. On fait un peu chaque jour. C’est lent, mais ça tient. Idéal pour les gens qui se sentent vite dépassés. Ou qui veulent juste prendre leur temps.

Le carton-test

Vous hésitez ? Mettez tout dans un carton. Fermez-le. Cachez-le. Si dans un mois vous n’avez rien cherché dedans… bah voilà. Ça part. Sans drame.

Ce qu’on garde, ce qu’on laisse partir

Y’a des objets qui font battre un petit tambour dans le ventre. Un bol ébréché de chez Mamie. Une lettre d’amour gribouillée. Même si c’est moche, même si c’est vieux : ça reste.

Et d’autres trucs ? Des cadeaux qu’on n’a jamais aimés. Des vêtements qui ne nous ressemblent plus. Des objets cassés mais qu’on garde « juste au cas où »… On s’en libère. Sans colère. Juste avec douceur. Comme on ferme une porte, calmement.

Trier, ce n’est pas faire du vide. C’est faire de la place.

De la vraie place. Pour ce qui nous ressemble aujourd’hui. Pas il y a 10 ans. Pas quand on était quelqu’un d’autre.

Et surtout : une fois qu’on a trié, on change. On n’achète plus pareil. On laisse moins entrer. On regarde les objets autrement. On devient plus exigeant. Plus aligné.

En vrac, quelques astuces qui sauvent

  • Faites ça à la lumière du jour, pas à minuit.
  • Mettez de la musique qui donne envie de danser.
  • Faites un sac « à donner » tout de suite. Ne le laissez pas traîner.
  • Ne faites pas tout d’un coup. Mais faites-le vraiment.
  • Et si vous doutez : prenez une pause. Revenez plus tard.

Faire le tri, ça peut paraître anodin. Mais c’est tout sauf anodin. C’est un geste de soin. Pour son intérieur. Pour soi. Et pour ce qu’on devient.

Parce qu’au fond, faire le tri, c’est un peu comme repeindre son avenir avec une éponge.

Vous voulez qu’on pousse un peu le style encore ? Ou cette version vous semble plus dans le mille ?

🪶 Signé Rose Lama, rédactrice pour La Cavalcade. Formée à l’architecture et spécialisée dans les sujets liés à l’habitat, elle écrit depuis les chantiers, les ateliers, les maisons habitées. Chaque article naît d’un regard posé sur le réel — celui de l’Atelier Clarté, entre Paris et Houdan. En savoir plus sur Rose Lama.


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