Spoiler : ce n’est pas juste une question de nombre. C’est une histoire de patience, de surface, de regard critique… et de ce fichu moment où on croit que c’est bon… mais non. Le placo, ça ne triche pas. Ça révèle tout. Même les petites hontes.
Le placo, c’est beau… mais brut.
Quand on tombe sur un mur tout neuf, en placo bien lisse, on a cette impression bizarre. Un peu comme face à une toile vierge. Tout est possible. Mais aussi : tout est à faire. Et là, commence l’éternelle question qu’on tape tous, un jour ou l’autre : combien de couches faut-il ?
Certains vous diront deux. D’autres trois. Les plus pressés, une seule – histoire de “voir ce que ça donne” (spoiler : ça donne mal).
En réalité, c’est un peu plus nuancé. Comme un bon vin qu’on ne juge pas à la première gorgée.
Étape 1 : La sous-couche. L’invisible qui change tout.
Oui, il en faut une. Toujours. Sans ça, la peinture se fait la malle, s’imbibe mal, ou pire : fait des taches. Le placo, c’est poreux. Ça boit tout, comme un papier buvard en manque d’encre. On croit peindre. On hydrate.
La sous-couche – ou primaire d’accrochage pour les plus pointus – sert à une chose essentielle : uniformiser l’absorption. Elle est l’amie de ceux qui veulent éviter les surprises. Et Dieu sait que le placo en réserve.
Une seule couche suffit généralement. Mais elle doit être bien posée. Sans grumeaux. Sans précipitation. Pas avec le rouleau du dimanche, là, tout raplapla. Non, un bon outil, un geste ample. Et un peu de lumière rasante pour traquer les défauts.
Étape 2 : La première couche. Celle qui fait peur.
C’est souvent à ce moment qu’on panique. Couleur fade, traces, zones plus claires. On se dit qu’on a raté. Que le nuancier nous a menti. Qu’on aurait dû prendre le blanc, au moins c’est simple.
Mais non. C’est normal. La première couche ne fait pas le spectacle. Elle prépare le terrain. Elle pose les bases. Elle est parfois moche, mais c’est elle qui accroche la suite. Ne pas juger trop vite.
On attend que ça sèche. On résiste à l’envie de repasser partout en panique. C’est dur, mais ça vaut le coup.
Étape 3 : La deuxième couche. Celle qui révèle.
Et là, magie. Tout change. La couleur devient dense, uniforme. Les traces s’effacent. Le mur respire enfin quelque chose de net. On commence à se projeter. À dire “ça va être joli, là…”
Souvent, deux couches après la sous-couche suffisent. Mais pas toujours. Il arrive que le placo absorbe un peu trop. Que la teinte soit capricieuse. Ou que la lumière du matin révèle l’ombre d’un rouleau passé trop vite.
Alors oui, parfois une troisième couche s’impose. Pas parce qu’on aime souffrir. Mais parce que le mur le demande. C’est lui qui décide. Et un mur mal peint, c’est comme un costume mal taillé : on ne voit plus que ça.
À retenir (et à répéter aux amis pressés)
- Toujours une sous-couche, même si c’est tentant de zapper.
- Ensuite deux couches de peinture, parfois trois pour les couleurs profondes.
- Entre chaque couche, un temps de séchage réel, pas juste “c’est sec au toucher”.
- Et surtout : de la lumière pour vérifier. Pas celle du plafonnier, non. Une vraie lumière rasante, qui montre les bosses, les manques, les oublis.
Peindre du placo, ce n’est pas juste colorer un mur. C’est un acte d’attention. Un miroir de notre degré d’exigence. C’est une épreuve, douce mais exigeante. Qui demande de la patience, un peu d’humilité… et de bons outils.
Et franchement ? Le jour où tout est sec, uniforme, sans aucune trace ? C’est une petite victoire. Un truc discret, mais qui fait sourire. On regarde le mur. On sait qu’on a bien fait. Et on ne veut plus jamais le repeindre. Pas tout de suite, en tout cas.

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