Le geste qu’on oublie. Et pourtant…
Vous peignez un mur. Il a l’air tout beau, tout lisse. Première couche posée, pinceau rincé, café à la main. Vous vous dites : “Allez, deuxième couche dans deux heures et c’est plié.”
Erreur.
Parce que sans ponçage entre deux couches, c’est un peu comme enfiler une belle chemise sur un t-shirt froissé. Ça peut passer de loin, mais de près ? Ça pique les yeux.
Le ponçage, c’est le petit truc en plus. Celui qu’on néglige souvent. Celui qui fait la différence entre “c’est peint” et “c’est nickel”. Pas besoin de sortir la ponceuse de chantier, non. Juste un léger ponçage de finition, à la main, avec un grain fin. Comme une caresse un peu râpeuse.
Pourquoi poncer alors que c’est déjà peint ?
Parce que la peinture, même belle, laisse des traces. Des petites surépaisseurs, des poussières piégées, des coups de pinceaux rebelles. Et parfois, un poil de pinceau qui s’est sacrifié dans la bataille.
Et surtout ? Parce qu’en séchant, la première couche se tend, se contracte. Elle fait un peu sa diva. Et la surface peut devenir granuleuse. Le ponçage vient calmer tout ça. Il remet l’égo de la peinture à sa place.
Mais attention : poncer, oui… poncer trop, non
On ne parle pas de tout gratter à blanc. L’idée, c’est de créer une accroche, pas une guerre de tranchées. Un léger matage, comme on dit dans le jargon. Une ou deux passes, avec du papier grain 180 à 220.
Et surtout : pas de pression, ni sur le mur, ni dans vos épaules.
On cherche à adoucir, pas à tout recommencer. C’est un geste doux, presque méditatif. Vous verrez, il y a un petit côté apaisant, presque zen. Le papier glisse, la surface se transforme. On entend même le mur respirer. Si, si.
Et la poussière, on en parle ?
Ah, la fameuse. Celle qui s’incruste partout, sournoise, fine, blanche. Elle adore les coins, les plinthes, les narines. Alors oui, on ponce, mais on nettoie derrière. Sérieusement.
Un chiffon humide, une éponge, un coup d’aspirateur si le cœur vous en dit. Parce que peindre sur une poussière invisible, c’est comme maquiller un visage non nettoyé : ça glisse, ça adhère mal, et le rendu s’en ressent. Un mur, c’est sensible, mine de rien.
Et si on ne ponce pas ?
Bon… Ça peut marcher. On ne va pas vous mentir. Si vous utilisez une peinture monocouche ultra couvrante sur un support déjà bien préparé, peut-être que le résultat vous conviendra.
Mais voilà : vous aurez toujours ce petit truc en moins.
Ce petit manque de netteté. Ce fini qui n’est pas tout à fait satiné. Ce détail qui dérange quand la lumière rasante du soir vient caresser le mur… et révèle les défauts comme une loupe cruelle.
Poncer entre les couches : le vrai secret des pros
Vous avez déjà visité un chantier de peintre minutieux ? Y’a du ponçage entre chaque étape. Même entre la sous-couche et la première. Même entre deux finitions. C’est leur botte secrète. Celle qui garantit un rendu soyeux, uniforme, sans aspérités.
Et vous savez quoi ? Ce n’est pas long. Trois minutes par mur, montre en main. Mais l’impact visuel, lui, est décuplé.
Les bons réflexes à adopter
- Attendre que la première couche soit bien sèche. Sinon, ça accroche, ça peluche, ça dérape.
- Utiliser un papier abrasif fin (180 minimum). Trop gros, et vous rayez.
- Poncer à la main, doucement, sans appuyer.
- Essuyer soigneusement avant la deuxième couche.
- Et… reprendre plaisir à peindre. Parce que oui, avec un mur bien lisse, même le pinceau glisse mieux.
On croit que c’est un détail. Mais c’est comme tout ce qui compte vraiment : ça se joue dans l’invisible. Un mur bien poncé, c’est comme une peau bien préparée. Ça ne se voit pas tout de suite, mais ça se ressent. Longtemps. À chaque passage. À chaque regard.
Et franchement ? Quand on a mis tout son cœur dans une pièce… autant aller jusqu’au bout.

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