Il y a des choses dans la vie qui paraissent simples. Et puis, il y a les joints de placo.
On pense que c’est un détail. Mais quand ils sont mal faits ? Ça saute aux yeux. Comme un cheveu sur une soupe. On peut repeindre tant qu’on veut, ils réapparaissent. En relief. En ombre. En mystère. Alors comment les faire disparaître, pour de bon, sans devenir fou ni tout casser ? Allez, on vous dit tout.
Ne pas zapper l’étape la plus bête : la bande
Oui, on sait. Ça fait vieux tuto YouTube. Mais c’est essentiel.
Un joint bien caché, c’est toujours un joint bien préparé. Si on pose la bande n’importe comment ? On prépare une cata. Comme essayer de maquiller une bosse avec du fond de teint.
Petite astuce de ceux qui en ont bavé :
- Toujours humidifier légèrement la bande avant la pose.
- Bien l’enfoncer dans l’enduit encore frais.
- Pas de bulles, pas de plis.
Et surtout, ne pas appuyer comme un sauvage. On veut lisser, pas essorer une serpillère.
L’enduit, c’est de la crème pâtissière
Pas trop dur, pas trop liquide. Il faut qu’il glisse, qu’il s’étale, qu’il suive vos gestes sans faire sa vie tout seul.
Un conseil ? Ne prenez pas un enduit de rebouchage en espérant qu’il fasse tout.
Il faut :
- Un enduit à joint pour la première passe.
- Un enduit de finition pour la deuxième.
Et là, attention au geste. Pas besoin d’être Michel-Ange. Il suffit de ne pas vouloir tout faire en un passage.
L’enduit, c’est comme un gâteau : mieux vaut plusieurs couches fines qu’un gros tas indigeste.
L’arme secrète : la ponceuse girafe
Si vous avez déjà poncé à la main… vous savez.
Poussière dans les yeux, bras en compote, et un mur qui reste grumeleux.
La ponceuse girafe, c’est le Graal. Long manche, tête orientable, aspiration intégrée. On passe, et ça devient lisse comme un galet de rivière.
On peut louer ça pour une journée. Franchement ? Ça vaut l’investissement. Et vos bras vous diront merci.
Peindre trop vite, c’est trahir son mur
On le sent souvent : “Allez, je peins et ça ira bien.”
Erreur. La peinture, c’est l’épreuve de vérité. Elle ne pardonne rien.
Avant de sortir le rouleau :
- On regarde le mur de biais, à la lumière rasante.
- S’il y a des bosses, des creux, des traces ? On reprend.
Un petit truc d’atelier : passer une sous-couche blanche mat. Elle révèle les défauts sans pitié. Et au moins, on sait où on va.
Un cache-misère rapide ? Il y a des options
Bon, disons-le : tout ça, c’est bien beau, mais parfois, on a juste pas le temps.
Alors pour ceux qui veulent faire illusion :
- Le toile de verre à peindre. Elle camoufle sans trop broncher.
- Le papier peint épais, qui avale les petits défauts.
- Les planches de bois brut, pour un mur cabane-chic. Très tendance. Et hop, fini les joints !
Mais soyons francs : ces options cachent. Elles ne réparent pas. Alors à long terme… vaut mieux prendre une après-midi et faire les choses bien.
Et les pros dans tout ça ?
Oui, parfois, on veut juste que ça soit nickel. Sans stress.
Un plaquiste, ça a les bons gestes, les bons outils, le coup d’œil. En une demi-journée, votre mur peut passer de “on dirait un puzzle” à “on dirait du marbre”.
Alors si vous avez deux pièces à faire, que vous n’avez pas envie de passer trois week-ends le nez dans la poussière… vous avez le droit de déléguer. Vraiment.
En résumé ?
Pas besoin d’être un artiste. Juste un peu patient. Un peu malin. Et surtout, arrêter de croire que ça ira “avec une bonne couche de peinture”.
Parce qu’un joint de placo mal caché… finit toujours par ressortir. Comme un secret de famille.
🪶 Signé Rose Lama, rédactrice pour La Cavalcade. Formée à l’architecture et spécialisée dans les sujets liés à l’habitat, elle écrit depuis les chantiers, les ateliers, les maisons habitées. Chaque article naît d’un regard posé sur le réel — celui de l’Atelier Clarté, entre Paris et Houdan. En savoir plus sur Rose Lama.

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