Plaque de BA13 vs BA10 : laquelle choisir ?
C’est un peu comme comparer deux coussins : même matière, même maison, mais pas le même moelleux. Entre BA13 et BA10, on est dans le monde feutré du placo, là où les murs naissent en silence et les cloisons prennent vie sans un coup de marteau de trop.
Mais alors… comment trancher ? Pourquoi une plaque plutôt qu’une autre ? Et surtout, qu’est-ce que ça change vraiment dans une pièce, dans un projet, dans le bruit du quotidien ?
On vous explique. Sans poussière dans les yeux.
BA13 : le classique, le costaud, le caméléon
Le BA13, c’est un peu le jean brut du bâtiment. Il va avec tout. Il se plie à presque toutes les envies.
13 mm d’épaisseur, un format standard, qu’on voit partout, sans même y penser. Murs, plafonds, doublages, cloisons, il s’incruste dans toutes les pièces. Même dans les rêves des artisans, parfois. Oui, c’est dire.
Pourquoi on l’aime ? Pour sa solidité, déjà. Il encaisse mieux les coups de la vie qu’un BA10. Une étagère ? Une applique ? Une tringle ? Il dit oui sans sourciller. Il tient bon. Même quand on change d’avis et qu’on perce deux fois.
Et puis il a des déclinaisons. Un vrai dressing à lui tout seul. Hydrofuge (BA13 vert) pour la salle de bain, ignifugé (rose) pour les lieux plus sensibles, acoustique (bleu) pour les âmes mélomanes ou les murs mitoyens qui ont des oreilles.
Bref, le BA13 est le bon copain du quotidien. Fiable. Polyvalent. Pas très léger, certes, mais il fait le job. Et ça, ça compte.
BA10 : le discret, le léger, le malin
Le BA10, c’est l’outsider. Le petit frère affûté. 10 mm d’épaisseur seulement, mais faut pas le sous-estimer.
On le choisit souvent quand on a peu de place. Quand chaque centimètre compte, dans une rénovation par exemple. Une vieille maison avec des murs épais ? Une pièce basse de plafond ? Le BA10 se faufile là où le BA13 aurait besoin d’un chausse-pied.
Et surtout… il est plus léger. On le porte à deux doigts. On le manipule plus facilement, on le visse sans avoir besoin de bras d’athlète. Pour les plafonds ? Un rêve. Il fatigue moins les bras. Il tombe moins. Il râle moins aussi, c’est vrai.
Mais… il est moins solide. Moins résistant. Moins tolérant au poids. Il ne faut pas lui demander l’impossible. C’est un peu comme accrocher une guitare sur une feuille de papier… ça marche, mais pas longtemps.
Et côté prix ? Une différence qui compte ?
On aimerait vous dire que le BA10 est moins cher, comme ça, sans se poser de questions. Mais la réalité, c’est que le prix au mètre carré est souvent assez proche. C’est surtout l’usage qui fait la différence.
Alors non, on ne fait pas d’économie de dingue en prenant du BA10. On fait juste le bon choix au bon endroit. Et ça, ça évite les mauvaises surprises.
Alors, laquelle choisir ?
Franchement ? Tout dépend de votre projet.
- Vous faites une cloison entre deux pièces ? → BA13, sans hésiter.
- Vous devez refaire un plafond tout seul un samedi ? → Le BA10 vous épargnera des courbatures.
- Vous rénovez une vieille maison avec des murs irréguliers ? → Le BA10 peut être plus souple à poser.
- Vous avez des enfants qui lancent des balles dans le salon ? → BA13, tous les jours, même le dimanche.
- Vous fixez des meubles, des étagères, des tableaux ? → BA13 encore. Le BA10 est plus sensible aux charges.
Anecdote de chantier
Un artisan un jour m’a dit :
“Le BA10, c’est comme du papier bulle : ça protège, mais faut pas sauter dessus.”
Ça résume bien. Ce n’est pas une question de mieux ou moins bien. C’est une question d’ajustement. De justesse.
Chaque chantier a ses humeurs, ses recoins, ses exigences. Comme une maison qui parle tout bas.
Et côté acoustique ? Ça change quelque chose ?
Oui, un peu. Le BA13 isole mieux. Logique, il est plus épais. Si on veut le silence (ou au moins éviter d’entendre la machine à laver du voisin), il fait mieux le boulot. Surtout en version phonique.
Mais pour de petits espaces secondaires, ou des faux plafonds esthétiques, le BA10 suffit largement. Il absorbe juste ce qu’il faut. Comme un rideau léger dans une pièce d’été.
Petite astuce de pro
Si vous devez poser du BA10 au plafond, ajoutez des renforts. Des suspentes rapprochées, des rails bien fixés. Il est plus fin, donc plus sensible aux ondulations. Sinon… il risque de faire des vagues. Littéralement.
Et pour le BA13, pensez à doubler les plaques si vous voulez vraiment une isolation de compétition. Oui, ça pèse plus lourd. Mais ça transforme une chambre en cocon. Promis.
En résumé (mais sans résumé ennuyeux)
Choisir entre BA13 et BA10, c’est comme choisir entre deux pinceaux. Le bon, c’est celui qui correspond au geste. À l’espace. À la vie qu’on veut dans la pièce.
Il n’y a pas de vérité toute faite. Juste des besoins concrets, des murs qui écoutent, et des plaques qui s’adaptent. C’est ça, la beauté du placo : ce n’est jamais juste du plâtre. C’est du potentiel. Du silence sculpté. De la légèreté posée à la vis.
Et dans un monde bruyant, parfois, choisir la bonne plaque, c’est un petit acte de paix.
🪶 Signé Rose Lama, rédactrice pour La Cavalcade. Formée à l’architecture et spécialisée dans les sujets liés à l’habitat, elle écrit depuis les chantiers, les ateliers, les maisons habitées. Chaque article naît d’un regard posé sur le réel — celui de l’Atelier Clarté, entre Paris et Houdan. En savoir plus sur Rose Lama.

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