Laine de verre dans une cloison : comment la faire tenir sans s’arracher les cheveux
Isoler, c’est une bonne idée. Mais quand on arrive au moment de glisser la laine de verre entre les montants, y’a toujours un doute qui plane : ça va tenir… ou ça va se casser la gueule dès qu’on pose la plaque ? Spoiler : ça dépend comment on s’y prend.
Commençons par le vrai problème : la gravité
Eh oui. La laine, ça pèse son poids, surtout quand elle est dense. Et quand on bosse à la verticale, elle a une fâcheuse tendance à vouloir dire bonjour au plancher. D’autant plus si le cadre n’est pas nickel, ou que le moindre courant d’air la décolle.
Étape 1 : bien dimensionner les panneaux
Premier réflexe de bricoleur averti : couper la laine un poil plus large que l’espace entre les montants. Genre 1 ou 2 cm de plus. Pas plus, sinon ça fait des boursouflures.
👉 Exemple : entre deux rails espacés de 60 cm, on coupe à 61 ou 62 cm.
On la glisse en force, mais doucement, pour qu’elle se cale par compression. Un peu comme une éponge qu’on coince dans une boîte.
Étape 2 : les bons gestes (et les bons outils)
- Gants obligatoires. La laine, ça gratte, ça pique, ça colle à la peau.
- Couteau à lame crantée ou scie égoïne spéciale laine : pour une coupe franche, sans déchiqueter.
- Mètre + règle métallique : pas de coupe à l’arrache.
Petit truc de pro : toujours découper sur une planche, jamais à même le sol. La coupe est plus nette, et le dos vous dit merci.
Étape 3 : caler proprement dans l’ossature
Une fois coupée, la laine se pince entre les montants verticaux. Si les rails sont bien droits, elle tient déjà toute seule.
Mais dans la vraie vie ? Les montants bougent, le sol n’est pas droit (et le placo, lui, ne doit même pas le toucher… voici pourquoi)
Les techniques pour que ça tienne (vraiment)
1. La ficelle tendue en zigzag
Un grand classique. Pas cher, pas compliqué.
- On agrafe une ficelle solide (type cordelette nylon ou fil à maçon) d’un montant à l’autre.
- On fait un Z ou un quadrillage léger, en haut, au milieu, en bas.
- Résultat : la laine est retenue comme dans un filet.
C’est discret, efficace, et vous pouvez poser vos plaques sans vous battre avec un isolant qui tombe.
2. Les suspentes ou fourrures verticales
Si vous êtes en rails métalliques, vous pouvez glisser la laine derrière une fourrure verticale, qui la plaque gentiment contre le fond. On fixe ça avec des clips à ressort ou des suspentes.
Pratique pour les murs très hauts ou les combles.
3. Les pinces à ressort (système D)
Certains utilisent des pinces de bureau ou des serre-joints légers pour bloquer temporairement la laine en haut. Puis une fois la première plaque posée, tout tient.
Ce n’est pas académique, mais ça dépanne bien.
4. L’adhésif double-face spécial laine
Oui, ça existe. C’est une bande autocollante qu’on colle sur le rail. On y applique la laine, qui reste accrochée le temps du montage. Pratique quand on est seul, ou quand on veut aller vite.
Mais faut que les supports soient secs et propres. Sinon, ça décolle. Et là, bonjour les insultes… surtout si l’humidité s’en mêle (et on vous dit quoi faire ici
Bonus : ce qu’il faut surtout éviter
- Ne pas tasser la laine à mort. Elle perd son efficacité. Elle doit rester un peu gonflée, avec de l’air dedans.
- Pas de scotch de base. Celui pour les cartons ? Oubliez. Il tient 10 minutes, puis laisse tout tomber.
- Pas de colle. Ce n’est pas une moquette. L’humidité ambiante ferait tout pourrir.
Anecdote chantier : “On avait tout mis… et tout s’est effondré”
Un artisan raconte un chantier dans une vieille longère. Ils avaient calé la laine à la va-vite, pensant poser les plaques le lendemain. Une semaine plus tard, ils reviennent : tout le mur s’était affaissé dans la cloison. Résultat ? Tout à refaire, et une bonne leçon : on cale ou on fixe, mais on ne fait pas confiance à la gravité.
En résumé :
- On coupe un poil plus large
- On cale avec précision
- On sécurise avec ficelle, fourrure ou adhésif
- On vérifie que ça tient… avant de poser les plaques (visser ou coller ? on vous aide ici)
Parce qu’une cloison bien isolée, c’est pas juste du confort. C’est du silence, de la chaleur, et zéro stress. Et franchement, si c’est pour refaire dans six mois, autant bien faire dès le début.
🪶 Signé Rose Lama, rédactrice pour La Cavalcade. Formée à l’architecture et spécialisée dans les sujets liés à l’habitat, elle écrit depuis les chantiers, les ateliers, les maisons habitées. Chaque article naît d’un regard posé sur le réel — celui de l’Atelier Clarté, entre Paris et Houdan. En savoir plus sur Rose Lama.

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