Faut-il poncer entre 2 couches d'enduit placo ?

Faut-il poncer entre 2 couches d’enduit placo ?

C’est la question qu’on se murmure souvent entre deux bandes de placo. Celle qui flotte dans l’air poussiéreux d’un chantier improvisé, quelque part entre la perceuse et la truelle. Poncer entre deux couches d’enduit, est-ce qu’on le fait… ou est-ce qu’on fait semblant ? Spoiler : ça dépend. Mais pas de panique, on va mettre les mains dans la poussière ensemble.

L’enduit placo, ce faux ami lisse

Déjà, petit retour sur ce drôle de truc qu’est l’enduit à placo. Il a l’air doux, un peu crémeux, presque docile. Mais en vrai ? Il est capricieux. Il sèche trop vite ou pas assez, il tire des rides, il cloque, il colle à la spatule comme un chat aux rideaux. Bref, il faut l’apprivoiser.

Et l’un des secrets, c’est justement cette étape invisible : le ponçage entre deux passes. Le geste discret mais qui change tout. Un peu comme remettre ses lacets avant un sprint. Si on le zappe, on le paie plus tard, parfois très cher. Genre peinture granuleuse ou lumière rasante impardonnable.

Alors, faut-il poncer à chaque fois ?

Pas toujours. Mais presque.

Voici le truc : l’enduit, surtout sur placo, ça se travaille en finesse, en couches. Un peu comme une pâte à crêpe qu’on ne surcharge pas, sinon ça déborde. Entre chaque couche, l’objectif, c’est de gommer les imperfections. Et on ne parle pas là d’un ponçage de forçat. Juste un passage léger. Une caresse avec du grain fin. Un 180 ou un 220, pas plus.

Pourquoi ? Parce que même le meilleur plaquiste du monde ne tire jamais une passe absolument parfaite. Il y a des petits reliefs, des surépaisseurs, des bords un peu secs. Si vous remettez une couche directement dessus, ça les fige. Et au final, ça se voit. Vraiment.

C’est quand qu’on ponce, du coup ?

  • Entre la première et la deuxième passe, on ponce légèrement. Juste pour égaliser. Ça évite les bosses qui s’accumulent.
  • Entre la deuxième et la finition, là aussi, un petit ponçage, mais encore plus doux. On traque la poussière, la micro-bulle, le petit fil d’ange qui dépasse.
  • Et avant peinture ? Là c’est festival : ponçage soigné, dépoussiérage maniaque. Parce que la lumière, elle, ne pardonne rien.

Mais attention : poncer, ce n’est pas gratter. Ce n’est pas “tout enlever et recommencer”. C’est lisser, harmoniser, flatter la surface. Le bon outil ? Une cale à poncer souple, ou mieux encore, une ponceuse girafe avec aspiration intégrée. Sinon, gare au nuage. C’est vite Tchernoplâtre dans le salon.

Les erreurs qui reviennent tout le temps

Poncer comme un bourrin. Utiliser un grain trop gros. Ou l’inverse, zapper l’étape par flemme. On se dit “ça ira avec la peinture”. Grosse erreur. La peinture, c’est une loupe. Elle montre tout. Même ce que vous n’avez pas vu.

Autre piège : poncer avant que l’enduit soit sec. Là, c’est la catastrophe. Ça peluche, ça arrache, ça fait des cratères. Bref, on repart à zéro.

Et puis, il y a ceux qui n’enlèvent pas la poussière entre les couches. Pourtant, une couche de poussière entre deux enduits, c’est comme du sable dans un sandwich. Personne n’a envie de ça. Alors on prend un chiffon, une brosse, un aspirateur. Et on soigne la surface.

Poncer, c’est perdre du temps ?

C’est ce qu’on pense… au début. Mais en vrai ? C’est un gain. Parce que plus la surface est propre entre les passes, moins on galère à la fin. Moins on met de peinture. Moins on râle en voyant les reflets le soir venu. Et surtout, on évite l’effet “mur fait par le cousin du voisin”.

Poncer, c’est comme faire les fondations d’une maison invisible. Ça ne se voit pas, mais tout repose dessus.

Astuce bonus : la lumière rasante

Envie de savoir si vous devez poncer ? Placez une lumière à ras du mur. Une lampe torche, un spot. Là, tout devient clair. Les bosses, les creux, les petits défauts… c’est comme un scanner. Et une fois que vous voyez, impossible de faire semblant. On prend sa cale, et hop.

Et si on ne ponce pas ?

Eh bien… le mur parle. Il crie. Il vous le renvoie au visage à chaque rayon de soleil. Les défauts sortent comme des boutons. On peint, on repeint, mais rien à faire. Lisse au toucher, moche à l’œil.

Et vous savez ce qui est pire ? C’est que le client le voit. L’acheteur. L’ami pointilleux. Celui qui pose la main sur le mur en disant : “tu l’as fait toi-même ?”
Et là, on bafouille. On regarde ses chaussures. On regrette.

Le mot de la fin (même s’il n’y a pas de fin)

Poncer entre deux couches d’enduit, c’est pas une option. C’est le secret des pros, le geste du détail, le petit truc invisible qui fait tout. Pas besoin d’y passer des heures, mais il faut y passer. Parce qu’un mur, c’est comme une page blanche. Et ce qu’on écrit dessus, ça reste longtemps. Autant le faire proprement.

Et puis franchement, un mur lisse, c’est de la poésie murale. C’est une surface qu’on a envie de regarder, de caresser du bout des doigts. Même sans peinture, ça a de l’allure.

Alors oui, on ponce. Un peu. Entre chaque couche.
Et on dort tranquille.

Ponçage entre deux couches d’enduit sur placo pour obtenir un mur lisse et sans défauts

FAQ

Pourquoi poncer entre deux couches ?

Parce que l’enduit, même bien appliqué, a ses humeurs. Des petites bavures, des rebords, des bulles d’air qui éclatent en séchant, un grain de poussière venu se poser là, comme par malice… Et si on n’y touche pas avant la deuxième couche ? Ces défauts se figent. Pire, ils s’amplifient.

Résultat : la deuxième passe ne corrige plus rien, elle épouse les bosses comme une couverture sur un lit mal fait. Et c’est au troisième passage (voire au moment de peindre, trop tard donc) qu’on comprend qu’on aurait dû prendre cinq minutes pour poncer.

Poncer comment ? Avec quoi ? À quel moment ?

Pas besoin d’investir dans une ponceuse girafe avec aspirateur intégré (sauf si vous aimez vraiment les gadgets). Un abrasif grain fin (180 à 220), une cale à poncer, un masque et un peu de patience suffisent largement.

Et pour le moment idéal ? On attend que la première couche soit sèche au toucher, mais pas forcément béton. Trop sec, ça vole en poussière. Pas assez sec, ça s’arrache. Il faut ce juste milieu qu’on reconnaît à l’œil… ou à l’ongle. Vous touchez, c’est lisse mais pas collant ? C’est le moment.

Petit détail qui change tout : aspirez ou époussetez avant la deuxième couche. Sinon, la poussière joue les trouble-fête et l’enduit n’adhère plus comme il faut.

Et si on ne ponce pas du tout ?

On peut. Bien sûr qu’on peut. Comme on peut aussi peindre sur une vieille tapisserie ou carreler sur du moisi. Est-ce une bonne idée ? Non. Le résultat sera moins net, plus long à rattraper ensuite, et franchement, qui aime revenir en arrière sur un chantier ?

Ceux qui ne poncent pas entre deux couches finissent souvent par faire trois passes au lieu de deux. Donc au final ? Plus de boulot. Moins de plaisir. Et souvent un peu de honte quand on voit les murs en lumière rasante.

Ponçage entre quelles couches exactement ?

Il y a souvent trois étapes dans un chantier placo :

  1. L’enduit de rebouchage (dans les creux, sur les têtes de vis, les joints).
  2. L’enduit de lissage, plus large, plus étalé.
  3. Le ponçage final, avant peinture.

Et entre 1 et 2, puis entre 2 et 3 ? Oui, ponçage conseillé à chaque fois. Léger, rapide, mais essentiel. Il ne s’agit pas de se battre contre le mur. Il s’agit de l’apprivoiser.

Un mur pas poncé, c’est quoi le risque ?

Un mur qui accroche. Qui accroche la lumière, la peinture, le regard. Les imperfections ressortent, surtout sous un spot ou à la lumière du matin. Et c’est comme un bouton sur le nez la veille d’un rendez-vous : on ne voit plus que ça.

Et puis, sur un mur non poncé, la peinture glisse mal. Elle boit mal, elle sature, elle fait des taches. Bref, ça vous pourrit la dernière étape, celle où normalement on devrait se dire « ça y est, c’est beau ».

Une astuce de pro ?

Oui : passez la main à plat sur le mur, les yeux fermés. Vous sentirez chaque bosse, chaque accro. C’est votre meilleur outil de contrôle. Le mur doit devenir doux comme une joue de bébé. Sinon, il n’est pas prêt.

Autre astuce : une lampe de chantier placée en rasant le mur révèle tous les défauts. Un coup d’œil suffit pour repérer ce qui cloche.

Et si on est pressé ?

On l’est tous. Mais griller l’étape du ponçage, c’est comme sauter la cuisson dans une recette. C’est rapide sur le moment, mais décevant à l’arrivée. Un bon ponçage, même rapide, vous fait gagner du temps ensuite. Moins de retouches, moins de galères, plus de fluidité.

Et franchement, avec une bonne playlist dans les oreilles, ça passe vite.

En résumé, on fait quoi ?

  • On attend que la couche soit bien sèche.
  • On ponce léger, juste pour retirer les bavures.
  • On dépoussière à fond.
  • Et seulement après, on remet une couche.

Rien de plus, rien de moins. Juste un peu de bon sens et de soin.

Parce qu’un beau mur, ça ne se voit pas. Ça se devine. Ça ne crie pas « regarde comme je suis lisse », mais ça ne dérange jamais l’œil. Et pour obtenir ça ? Il faut parfois prendre une pause. Respirer. Et poncer.


Commentaires

Une réponse à « Faut-il poncer entre 2 couches d’enduit placo ? »

  1. […] Poncez doucement jusqu’à disparition totale de la bosse.Et si vous hésitez sur le bon timing entre deux couches, on vous glisse un coup d’œil ici : faut-il poncer entre 2 couches d’enduit placo ? […]

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