Vous l’avez entendu ? Ce vrombissement bizarre, plus lourd qu’une guêpe, plus flippant qu’un moustique en pleine nuit. On lève les yeux, et là… panique. Un frelon asiatique. Pas un mythe, pas une légende urbaine. Une vraie saloperie volante.
Et il n’est pas seul. Ils sont des milliers. Dans les jardins, sur les balcons, planqués dans les haies. L’été 2025 s’annonce chaud, oui, mais surtout dangereux.
Il est arrivé discret… maintenant, il attaque partout
L’histoire a commencé presque comme une blague : un conteneur venu de Chine, un nid qui passe inaperçu, et hop, les premiers frelons asiatiques font leur vie dans le Sud-Ouest. On est au début des années 2000. Personne ne panique. Pas encore.
Vingt ans plus tard, ils sont partout en France. Des Vosges aux Landes, de la Bretagne à Lyon. Et leur nombre explose. Chaque été, c’est la même rengaine : un peu plus présents, un peu plus agressifs, un peu plus flippants.
Le pire ? Ils s’adaptent. Mieux que nous. Ils supportent la chaleur, résistent au froid, s’installent là où il y a de quoi bouffer. Autant dire… partout où on vit.
Mais pourquoi ce frelon est-il plus flippant qu’un autre ?
Parce qu’il est vicieux. Il ne cherche pas juste à survivre. Il chasse. Et sa cible préférée, c’est l’abeille. Une abeille ? Hop, décapitée. En vol, souvent. Parfois à l’entrée de la ruche. C’est chirurgical, presque sadique.
Un seul frelon asiatique peut tuer jusqu’à 50 abeilles par jour. Imaginez un nid entier. On parle de centaines de milliers de butineuses massacrées chaque saison. Résultat : des ruches ravagées, des apiculteurs désespérés, et derrière ça, tout un écosystème qui prend cher.
Car sans abeilles, c’est simple : plus de pollinisation. Donc moins de fruits, moins de légumes, moins de tout. Le frelon asiatique, ce n’est pas juste un insecte relou. C’est une bombe écologique.
Et pour l’humain, c’est dangereux ?
Oui. Très.
On entend souvent “oui mais s’il n’est pas agressé, il ne pique pas”. Et pourtant… les témoignages se multiplient. Un gamin qui s’approche sans savoir. Une tondeuse qui dérange un nid. Un chien curieux. Et là, c’est l’attaque.
Et contrairement à l’abeille, le frelon asiatique ne meurt pas après avoir piqué. Il peut vous piquer dix fois d’affilée. Et il n’est jamais seul. S’il se sent menacé, le reste du nid suit.
Résultat : des piqûres multiples, violentes, en rafale. Et dans certains cas ? Ça ne pardonne pas. Des décès sont rapportés chaque année. Choc allergique, œdème de Quincke, arrêt respiratoire.
Alors non, ce n’est pas une parano de campeur. C’est une vraie menace sanitaire.
Le pire ? On ne les voit pas toujours venir
Le frelon asiatique adore planquer son nid. Haut dans les arbres, sous un rebord de toit, dans un grenier, parfois même dans une haie ou un barbecue pas utilisé depuis mai. Et le nid peut atteindre la taille… d’un ballon de basket. Parfois plus.
On taille une haie ? On dérange un nid sans le savoir. Et là, panique. Ça sort à toute vitesse, ça pique tout ce qui bouge. Les pompiers doivent intervenir. Parfois en combinaison intégrale. Ce n’est pas une scène de film. C’est la réalité d’un été sur deux en France.
Comment les reconnaître (et les éviter)
D’abord, leur gueule. Noir de jais, rayures orange sur l’abdomen, tête jaune fluo. Une sorte de guêpe bodybuildée passée par une rave en enfer. Si vous en voyez un près de vous, reculez doucement. Ne criez pas. Ne courez pas.
Ensuite, le nid. Rond, fermé, souvent en hauteur. Mais ils deviennent malins : certains font leur nid au sol, planqué dans un tas de bois ou sous une bâche. Oui, c’est traître. Oui, c’est flippant. Mais mieux vaut le savoir.
Et concrètement, on fait quoi s’il y en a un ?
Un seul mot : professionnel. On ne joue pas au héros avec ces bêtes-là. Pas de bombe insecticide achetée au supermarché. Pas de bâton enflammé. Ce n’est pas un film de kung-fu. C’est un truc qui peut mal finir très vite.
On appelle la mairie. Ou un spécialiste local. Dans certaines régions, des campagnes d’éradication sont mises en place. Et souvent, c’est gratuit.
On peut aussi installer des pièges au printemps, quand les reines sortent d’hibernation. Plus on en capture tôt, moins il y a de nids l’été. C’est comme éteindre un incendie avec un seau d’eau avant que ça devienne un brasier.
Est-ce que ça va s’arrêter un jour ?
Honnêtement ? Non. Le frelon asiatique est maintenant bien installé en Europe. Et avec le réchauffement climatique, il va juste s’étendre encore plus vite. Vers le nord, vers l’est. Dans les campagnes, les villes, les coins qu’on croyait tranquilles.
Mais on peut ralentir sa progression. Mieux l’identifier. Mieux s’en protéger. Et surtout, ne plus faire l’autruche.
Les enfants doivent savoir. Les randonneurs doivent ouvrir l’œil. Les jardiniers, les cyclistes, les pique-niqueurs… tout le monde est concerné.
Quelques chiffres qui font froid dans le dos
- Un nid peut contenir jusqu’à 2 000 frelons.
- Une piqûre peut injecter 10 fois plus de venin qu’une guêpe.
- En 2024, plus de 500 000 nids auraient été recensés en France.
- Environ 10 décès par an sont liés à des piqûres de frelons asiatiques.
Et on ne parle même pas de ceux qui finissent à l’hôpital en urgence. Ni des enfants terrorisés. Ni des chiens piqués à la langue.
Et les abeilles, dans tout ça ?
Elles trinquent. Vraiment. Certaines ruches sont littéralement décimées. Les apiculteurs parlent de scènes d’horreur : des frelons qui patrouillent, décapitent, empilent les cadavres. Ils ne piquent même pas. Ils coupent. Froids. Rapides. Chirurgicaux.
Résultat ? Moins de miel. Moins de biodiversité. Moins de tout.
Un mot pour finir ? Ne baissez pas la garde
On voudrait pouvoir dire que c’est exagéré. Qu’on en fait trop. Mais non. Le danger est bien réel. Le frelon asiatique, ce n’est pas juste un insecte relou de plus dans la bande. C’est un prédateur, une menace, un cauchemar pour les abeilles et parfois pour nous aussi.
Alors ouvrez l’œil. Prévenez vos proches. Parlez-en. Parce que mieux vaut être au courant que piqué sans comprendre. Et cet été, ce sera eux… ou nous.
NB
Les chiffres donnés ici ne sortent pas d’un labo parisien ni d’un tableur en costard. Ils viennent du terrain, d’observations d’apiculteurs, de pompiers, de communes qui galèrent chaque été. Le nombre de nids, les piqûres, les dégâts sur les abeilles… ça évolue, ça varie, ça dépend des endroits. Mais une chose est sûre : le frelon asiatique ne fait plus partie du décor. Il prend de la place, il fait des dégâts, et il faut s’y intéresser sérieusement. Ce qu’on raconte ici, c’est pas de la science-fiction. C’est du vécu.
Wikipedia – page « Vespa velutina » (mise à jour récente)
résume la biologie, prédation sur les abeilles (30‑50/jour), et propagation en France/EUmag.anses.fr+8fr.wikipedia.org+8sante-agroecologie-vignoble.bordeaux-aquitaine.hub.inrae.fr+8.
🪶 Signé Rose Lama, rédactrice pour La Cavalcade. Formée à l’architecture et spécialisée dans les sujets liés à l’habitat, elle écrit depuis les chantiers, les ateliers, les maisons habitées. Chaque article naît d’un regard posé sur le réel — celui de l’Atelier Clarté, entre Paris et Houdan. En savoir plus sur Rose Lama.

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