Déplacer un tableau électrique : ce qu’on ne vous dit jamais
Changer son tableau, c’est comme déplacer le cœur d’une maison. Ça paraît simple : quelques fils, une boîte, une vis. En vrai ? C’est un petit opéra de câbles, d’odeurs de plastique chaud, et de surprises planquées derrière le placo.
Et surtout, il ne suffit pas d’avoir une perceuse et du scotch d’électricien pour s’improviser Mozart du 220 volts.
Pourquoi le déplacer, ce fichu tableau ?
Tiens, ça me fait penser à un copain qui l’avait juste “un peu trop bas”. Résultat ? Il se baissait 4 fois par jour pour réarmer le disjoncteur… genoux en vrac, fierté aussi.
Bref, on peut vouloir le déplacer pour :
- Des raisons esthétiques (ras-le-bol de le voir dans l’entrée) ;
- Du confort (le mettre à portée ou à hauteur d’adulte) ;
- Des rénovations (mur cassé, cloison ajoutée) ;
- Une mise aux normes (souvent négligée, souvent urgente).
Mais alors, on fait comment sans transformer sa maison en escape game électrique ?
Ce que dit la loi (et ce qu’elle sous-entend…)
On va pas tourner autour du pot : le déplacement d’un tableau électrique est encadré par la norme NF C 15-100. Elle ne rigole pas, elle. Elle vous impose :
- Une hauteur entre 0,90 m et 1,80 m,
- Une accessibilité facile (pas planqué dans un placard avec une tondeuse),
- Un coffret fermé, sécurisé,
- Et surtout : un professionnel si vous ne touchez pas votre bille en électricité.
C’est là que ça coince souvent. Parce que l’envie de faire soi-même, on la connaît. Mais jouer avec l’électricité sans filet, c’est comme jongler avec des couteaux dans le noir. Malin, mais potentiellement très… spectaculaire.
Peut-on vraiment le faire soi-même ?
Petite réponse qui va pas plaire : oui, mais…
Ce “mais” pèse lourd.
Il faut :
- Connaître le schéma de câblage de la maison (ou le retrouver, bon courage),
- Couper TOUTE l’alimentation au disjoncteur général (et prier qu’il n’y ait pas un vieux câble pirate derrière),
- Tracer, repérer, numéroter chaque fil (avec amour et scotch),
- Prolonger les circuits, sans croiser ni bidouiller,
- Installer un coffret propre, bien ventilé, conforme.
Et tout ça sans court-circuiter la machine à laver ou transformer la cuisine en boîte noire.
Alors franchement ? Faites-le si vous êtes du métier. Sinon… on continue juste à lire pour comprendre ce que le pro fera à votre place (ça aide à ne pas se faire enfumer).
Étape 1 : repérage, plan, prise de tête (un peu)
Avant de démonter quoi que ce soit, on réfléchit.
Pas dans le vague, hein. Avec papier, mètre, et lampe frontale s’il faut.
- Où est le tableau actuellement ?
- Quel mur peut l’accueillir ?
- Est-ce un mur porteur ?
- Y a-t-il déjà un passage de gaines ou un accès ?
Et surtout : est-ce que les câbles existants sont assez longs pour suivre ? (Spoiler : non. Jamais.)
Étape 2 : prolongation des circuits (et câblage spaghetti)
Une fois la future position choisie, il faut :
- Rallonger chaque fil,
- Les faire passer en gaine (pas à l’arrache, hein),
- Les regrouper proprement pour éviter les nœuds de vipère.
Et là, surprise souvent oubliée : il faut des boîtes de dérivation. Pour quoi faire ?
Pour ne pas tirer comme un fou sur 20 mètres de fil d’un seul tenant. On installe des relais, en gros.
Et ces boîtes, on les encastre dans le mur ou on les planque dans une goulotte (mais propre, s’il vous plaît).
Étape 3 : fixation du tableau
Là, c’est presque le moment satisfaction.
On visse le coffret, on prévoit la porte, les rails, et les borniers.
C’est souvent le moment où on se dit : “Bon… finalement, j’aurais dû faire appel à quelqu’un.”
Petit détail qui fait suer : il faut que les câbles arrivent par le bas ou par le haut, mais jamais en mode “araignée volante”. Sinon, le consuel (ou juste un bon artisan) vous regarde avec des yeux pleins de pitié.
Étape 4 : test, prière, rallumage
Tout est branché ? Le tableau est vissé ?
Les câbles sont fixés, les gaines bien tirées, les disjoncteurs en place ?
On respire. On rebranche le courant. Lentement.
Et on prie pour que :
- Rien ne pète,
- Rien ne fume,
- Et surtout : que chaque pièce fonctionne correctement.
C’est là qu’on découvre souvent qu’on a interverti la chambre et la salle de bain. Ou qu’un fil neutre est passé en mode solo.
Le prix : une claque ou une caresse ?
En pro, comptez entre 800 et 1500 euros selon :
- L’état du tableau actuel,
- Le nombre de circuits à rallonger,
- L’accessibilité des murs,
- Et le sourire (ou pas) de l’électricien.
Mais franchement ? C’est le prix de la sérénité. Parce que rater ça, c’est risquer :
- Des coupures aléatoires,
- Un risque d’incendie (oui, carrément),
- Et un refus de certification électrique (si vous revendez, ça coince sévère).
Et la domotique, dans tout ça ?
Tiens, ça me fait penser : si vous déplacez le tableau… pourquoi ne pas en profiter pour moderniser un peu tout ça ?
Aujourd’hui, on peut :
- Installer des disjoncteurs connectés,
- Suivre sa conso en temps réel,
- Couper des circuits à distance,
- Recevoir une alerte si le congélo s’éteint (oui, ça arrive).
C’est pas juste gadget. C’est malin, surtout si on veut faire quelques économies… ou éviter une invasion de glace fondue au retour de vacances.
En résumé (mais sans résumer platement)
Déplacer un tableau électrique, c’est pas changer une ampoule. C’est repenser un bout de votre maison.
Ça demande des mains sûres, un cerveau en alerte, et une bonne dose de rigueur.
Mais avec les bons outils, les bons choix, et un vrai respect de la sécurité, c’est tout à fait faisable. Soi-même si on s’y connaît. Avec un pro si on veut dormir tranquille.
Et si on peut le cacher dans un coin malin, à la bonne hauteur, avec des câbles bien rangés…
C’est presque beau, un tableau électrique. Presque.
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