Dans un couloir d’immeuble, ça sentait la poussière sèche et la clope froide.
Un type montait une plaque. BA13. Classique. Il soufflait un peu. Il n’avait pas l’air d’en faire tout un drame. Et pourtant…
On ne parle pas ici d’un objet léger.
Une plaque de placo BA13, ça pèse entre 27 et 35 kg, selon le modèle. Pas de quoi écraser une voiture, mais assez pour se coincer une vertèbre si on la soulève de travers.
BA13, c’est quoi ce nom qui claque ?
BA13. Trois lettres et deux chiffres qui sonnent presque comme un code secret. Ou une équipe de foot.
En réalité ? C’est ultra terre-à-terre :
- B pour bord
- A pour aminci
- 13 pour 13 millimètres d’épaisseur
Et ce petit bord aminci, ça a son importance. Ça évite de créer une bosse au moment du joint. Vous voyez ? Deux plaques qui se rejoignent. Un peu d’enduit. Un peu de bande. Et pouf, un mur bien lisse (ou presque).
Poids moyen, mais pas poids plume
Allez, entrons dans le vif. Une plaque de BA13 classique (la blanche), fait 1,2 mètre de large, 2,5 mètres de haut. Soit 3 m².
Et comme le poids au m² tourne autour de 9 à 10 kg, on atteint environ 30 kg la plaque.
Pas mal pour quelque chose qu’on visse à une ossature métallique.
C’est comme si vous vissiez… un enfant de 8 ans au mur.
Oui, c’est bizarre comme image. Et pourtant.
Et quand le BA13 change de couleur…
Là, les choses se corsent. Parce que sous ses airs modestes, le BA13 sait se déguiser.
- Vert ? Il devient hydrofuge. Résistant à l’humidité. Il va dans les salles de bain, les cuisines, les pièces qui sentent l’eau chaude et le savon.
- Violet ? C’est le phonique. Plus dense, plus épais. Il retient les sons, il calme les voisins bruyants, il absorbe les engueulades.
- Rose ? Ignifuge. Résistant au feu. À poser derrière un poêle, près d’une chaudière, dans un local technique.
Et tout ça… ça pèse plus lourd.
Une plaque phonique ou ignifuge peut grimper à 35 kg. Parfois plus. Et là, mieux vaut être deux pour la porter. Ou très costaud. Ou fou. Ou les trois.
Tableau rapide (mais pas froid)
| Type de placo BA13 | Dimensions | Poids moyen |
|---|---|---|
| Standard (blanc) | 2,5 m x 1,2 m | ~30 kg |
| Hydrofuge (vert) | 2,5 m x 1,2 m | ~32 kg |
| Phonique (violet) | 2,5 m x 1,2 m | ~35 kg |
| Feu (rose, ignifuge) | 2,5 m x 1,2 m | ~34-36 kg |
À noter : certaines plaques vont jusqu’à 3 mètres de haut. Là, le poids grimpe encore. Et l’encombrement devient… une autre galère.
Oui mais pourquoi on veut connaître ce poids ?
Question légitime. Parce qu’on ne fait pas un bras de fer avec le placo pour le fun.
Le poids joue sur plusieurs choses :
- Le transport (camionnette ? remorque ? bras ?)
- La manipulation sur chantier
- Le choix de l’ossature métallique
- Et surtout : la pose au plafond (spoiler : c’est une plaie, même à deux)
Tiens, ça me fait penser à ce chantier d’été où le type avait essayé de visser seul une plaque au plafond avec une main… pendant que l’autre tenait la visseuse. Spoiler bis : la plaque lui est tombée sur la tête.
Des murs pas si légers
C’est fou comme on oublie le poids de nos murs.
On s’appuie dessus. On les tapote pour savoir si c’est creux ou plein. On y accroche des cadres. Et pourtant, derrière la peinture, il y a ce géant silencieux : le BA13. Parfois doublé. Parfois renforcé. Parfois collé au béton.
Et dans les constructions modernes ?
C’est lui, le squelette. Ou plutôt la peau.
On ne le voit pas, mais il est partout.
Chambre, salon, couloir, même les WC.
Et si on veut l’alléger, ce placo ?
Il existe des variantes plus légères. Si si.
Certaines plaques sont plus fines : du BA10, par exemple. Ou encore des modèles allégés, conçus pour les cloisons mobiles ou les plafonds.
Mais attention : qui dit plus léger dit souvent moins isolant, moins costaud, moins protecteur.
Et parfois, on cherche justement le poids.
Un mur trop léger, ça sonne creux.
Ça résonne. Ça ne rassure pas.
Le bruit du BA13
D’ailleurs, parlons-en du son.
Quand on tape doucement sur une plaque non encore jointe, ça fait un “toc” sec. Un bruit de boîte en carton rigide.
Et une fois enduite ?
Le son se fait plus mat, plus sourd. Presque un “pof”.
Un bruit de mur civilisé, disons.
Mais pour peu qu’il y ait un creux, un espace mal rempli… ça sonne le vide.
Et ce son-là, il dérange. Il n’a pas sa place dans une maison habitée.
La poussière, les bras, les vis qui grincent
Posez du BA13 une fois dans votre vie, et vous ne regarderez plus un mur pareil.
La poussière blanche qui colle à la peau.
Les bras qui tremblent à force de visser en hauteur.
Le petit crissement métallique quand la vis traverse la plaque avant d’attaquer la fourrure.
Et surtout… ce moment magique (ou pas) où tout est posé, mais il faut encore faire les bandes. L’enfer du jointoiement. Le royaume du ponçage.
Et dans tout ça, LA CAVALCADE ?
C’est là que le lien se tisse.
Parce que le BA13, ce n’est pas qu’un matériau.
C’est un symbole d’entre-deux. Ce moment brut entre la structure et la décoration.
Un instant suspendu, où tout est encore possible.
Et dans l’univers de LA CAVALCADE, cet instant-là… c’est une respiration. Une inspiration.
On parle souvent d’architecture comme d’un art figé. D’une façade. D’un geste.
Mais en coulisse ? Il y a ces plaques. Ces vis. Ces bras fatigués. Ce poids discret qu’on sous-estime.
Alors parler du poids du BA13, ce n’est pas anecdotique.
C’est remettre un peu d’humain dans le mur.
Un peu de sueur, de matière, d’effort.
Et surtout : rappeler que derrière chaque ligne droite, il y a un monde de gestes pas droits.

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