Comment réparer un plafond en placo qui a pris l’eau?

Le plafond pleure ? On fait quoi ?

C’est une scène qu’on connaît trop bien.
Une goutte. Puis deux. Puis un ploc. Et là… on lève les yeux.
Le plafond en placo a morflé. Gonflé, gondolé, parfois il s’écaille comme une vieille peinture d’église.

Pas de panique. Ce n’est pas la fin du monde.
Mais c’est pas non plus une bricole du dimanche après-midi.
Surtout si l’eau est encore là, invisible, sournoise… Bref, on y va étape par étape, sans se précipiter.


Première étape : comprendre d’où vient l’eau

C’est bête à dire. Mais réparer sans avoir stoppé la fuite, c’est comme peindre un mur dans le brouillard.

Alors on lève les yeux. On grimpe à l’étage. On regarde la toiture.
On inspecte les joints de salle de bain, les conduites d’eau, les machines à laver.

Une tache d’humidité, ce n’est pas une blessure de surface. C’est le bout visible d’une infiltration.
Tiens, ça me fait penser à ces trucs en apparence anodins… et qui pourrissent tout en silence. Comme les mails laissés sans réponse.

Donc : on répare la cause. Toiture, robinet, gouttière, baignoire, machine… on assèche, on bouche, on colmate.
Pas d’excuse, pas de raccourci.


Étape suivante : attendre (oui, vraiment)

C’est frustrant, mais il faut sécher.

Pas avec un sèche-cheveux, hein. Pas non plus avec l’espoir.
Avec de vrais déshumidificateurs. Des fenêtres ouvertes. Du temps.

Touchez le placo. Est-ce qu’il est encore froid, mou, moite ?
Ça sent le moisi ? Ça fait un petit bruit de mousse qu’on écrase sous le doigt ?

Tant que c’est humide, on touche à rien.
Sinon ? Tout ce que vous refaites… va gonfler, cloquer, craquer.

Attendez plusieurs jours. Parfois une semaine. Il faut que le placo soit sec comme un biscuit oublié.


Bon, c’est sec. Maintenant, on coupe ?

Oui. Et non.

Si le placo est juste tâché, mais toujours solide, vous pouvez envisager une réparation “en surface”.
Mais si ça s’est affaissé, déformé, ou que vous voyez des cloques, il faut couper la zone abîmée.
Pas le choix.

On sort le cutter. Ou la scie à main fine.
On trace un carré propre autour de la zone morte.
Et on découpe. Lentement. En suivant les rails. Pas besoin de violence.

Là, c’est étrange. Il y a un petit silence. Comme si la maison respirait mieux.
Enfin, jusqu’à ce qu’on voie ce qu’il y a derrière. Parfois, c’est joli (isolant nickel). Parfois… surprise (bois pourri, moisissure, traces de vie).


On nettoie ce qui reste

Pas question de coller une rustine sur un sol sale.

Alors on gratte. On aspire. On frotte.
Anti-moisissure si besoin. Un peu d’eau de Javel (diluée, hein), une éponge. Et on laisse sécher à nouveau.

Cette partie-là, personne ne l’aime. C’est lent, salissant, ingrat.
Mais c’est là que tout se joue.

Imaginez peindre une fresque sur une vieille affiche déchirée… Ça ne tiendra jamais.


On rebouche avec quoi ?

Deux options.

Petit dégât ?

→ Du map ou enduit de rebouchage.
On en trouve partout, c’est économique, facile à appliquer.
On comble les fissures, les petits trous. Avec une spatule souple, ou même un couteau de peintre.

Pensez à lisser légèrement, sans trop forcer. L’objectif ? Avoir le moins de ponçage possible.

Zone plus grande ?

→ On repose un morceau de placo.
Même épaisseur, mêmes dimensions. On le visse sur les rails en métal (ou les tasseaux bois si c’est un plafond ancien).

Puis, on bande les joints. Littéralement.
Bande armée, enduit à joints, plusieurs passes.
Ça demande un peu de doigté… et une bonne playlist pour ne pas s’énerver.


Le ponçage : l’étape que tout le monde déteste

Et pourtant… c’est là que le plafond reprend vie.

On attend que l’enduit soit bien sec.
Et on ponce. Doucement. Avec du papier fin (grain 120 minimum).
Des gestes ronds, réguliers. Comme un massage de plafond.

Ça vole dans tous les sens. Des nuages blancs, la poussière qui colle au visage.
On tousse. On râle. On pense à autre chose. À une plage, peut-être. Ou à un plafond en béton, tiens, qui ne craint pas l’eau.

Mais à la fin… on passe la main. Et c’est lisse comme une peau de bébé.


La peinture : tout remettre à zéro

Avant de peindre, sous-couche obligatoire.

Sinon ? Le placo boit la peinture comme du sable boit la pluie.
On perd de la matière, de l’argent, de la patience.

Une bonne sous-couche, au rouleau, tranquillement. Puis deux couches de peinture plafond. Blanche, en général. Ou couleur si vous avez une âme d’artiste.

Petite astuce : toujours peindre dans le sens de la lumière. Vers la fenêtre. Pour éviter les traces.

Et pas de panique si la première couche est moche. Ça arrive à tout le monde.


Et si on n’a pas envie ?

Parce que soyons honnêtes. Parfois, on n’a pas envie. Du tout.

Pas de monter à l’échelle.
Pas de poncer à bout de bras.
Pas de respirer de la poussière de plâtre pendant deux jours.

Dans ce cas… on appelle un pro. Un artisan.
Un vrai. Qui sait où il met les mains, et qui ne fait pas semblant.

Oui, ça coûte un peu.
Mais parfois, ça vaut de l’or, surtout si l’assurance peut prendre en charge une partie.

Pensez à déclarer les dégâts rapidement. Prendre des photos. Contacter votre assureur.
Car même un petit “plafond mouillé”, ça peut être considéré comme un dégât des eaux.


Derniers conseils (à ne pas zapper)

  • Ne jamais peindre sur du placo humide. Jamais.
  • Utiliser un détecteur d’humidité, si vous en avez un sous la main.
  • Porter un masque de chantier pour le ponçage (les poumons vous diront merci).
  • Travailler à deux, c’est moins lourd, plus rigolo.
  • Et ne jamais bâcler les finitions : c’est ce qu’on voit le plus.

Un plafond, c’est pas juste un bout de mur

C’est au-dessus de notre tête. Tous les jours.
On l’oublie. Jusqu’à ce qu’il cloque. Jusqu’à ce qu’il pleure.

Mais un plafond réparé, c’est aussi une maison qui reprend confiance.
Une pièce qui respire. Un lieu qui n’a plus peur de l’eau.

Et on le regarde autrement, ensuite. Avec un mélange de fierté et de respect.
Parce qu’on sait ce qu’il a traversé. Et ce qu’on a appris, en le réparant.

🪶 Signé Rose Lama, rédactrice pour La Cavalcade. Formée à l’architecture et spécialisée dans les sujets liés à l’habitat, elle écrit depuis les chantiers, les ateliers, les maisons habitées. Chaque article naît d’un regard posé sur le réel — celui de l’Atelier Clarté, entre Paris et Houdan. En savoir plus sur Rose Lama.


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