C’est toujours la même scène. Vous entrez dans un magasin de bricolage, prêt à isoler vos combles ou vos murs. Vous vous arrêtez devant le rayon isolants, vous lisez “R = 7”, “épaisseur 30 cm”, “0,6 m² par rouleau”, “10 rouleaux par sac”… et là, votre cerveau fait une pause. Un petit bug. Comme devant une recette de cuisine en unités impériales.
Et vous vous demandez : mais enfin, combien il m’en faut, pour mes 100 m² ?! On vous comprend. Voilà comment y voir plus clair.
D’abord, respirer un bon coup : ce n’est pas qu’une question de surface
100 m², c’est carré. C’est simple. C’est beau.
Mais la laine de verre, elle, ne pense pas en m². Elle pense en m³, en R, en épaisseur, en densité… et parfois en rouleaux qui se prennent pour des origamis. Il faut donc se poser la bonne question :
Que veut-on isoler ? Et jusqu’à quelle performance thermique ?
Parce que poser 10 cm de laine pour “faire comme le voisin” ou mettre 40 cm parce que “c’est mieux”, ce n’est pas la même affaire. Ni le même prix. Ni le même nombre de sacs.
L’épaisseur change tout : 10 cm ? 20 ? 30 ?
Prenons un exemple simple. Vous voulez isoler vos combles perdus avec une résistance thermique R = 7, ce qui est aujourd’hui un bon niveau pour viser les aides (type MaPrimeRénov’).
Il vous faudra environ 30 à 32 cm d’épaisseur de laine de verre. Pas moins. Et là, ça change les quantités.
C’est un peu comme la pâte à crêpes : si vous la voulez épaisse et moelleuse, il faut doubler la dose. Pareil ici.
Un peu de maths (promis, pas trop)
Imaginons que vous achetez un sac de laine de verre en rouleaux, épaisseur 100 mm, dimensions de chaque rouleau :
Largeur 1,2 m x Longueur 10 m = 12 m² par rouleau.
Et qu’il y a 1 rouleau par sac.
Avec 10 cm d’épaisseur, vous couvrirez donc 12 m² par sac.
➡️ Pour 100 m², il vous faudra environ 9 à 10 sacs.
Mais (et c’est là que tout bascule) :
Si vous partez sur 2 couches croisées de 10 cm, il vous faudra le double.
Et pour 3 couches (30 cm), eh bien… vous devinez : 30 sacs environ.
Et encore, ça, c’est si vous n’avez aucune perte. (Spoiler : il y en aura.)
Et la soufflée, dans tout ça ?
Si vous optez pour de la laine de verre à souffler, le calcul se fait en m³. Donc il faut penser en volume total à remplir.
Petit calcul rapide :
- 100 m² de surface,
- 30 cm d’épaisseur visée,
- ça fait 0,30 m x 100 m² = 30 m³ à combler.
Si le sac de laine de verre soufflée couvre 1 m³, eh bien il vous faudra… 30 sacs. Logique.
Mais selon la densité, le soufflage, les pertes et les coins, on peut monter à 35 sacs. Voire 40, s’il y a beaucoup de découpes.
Tiens, une image vaut mieux qu’un tableau
Imaginez votre isolation comme une énorme tarte au citron meringuée. Plus elle est épaisse, plus elle vous réchauffe. Mais il faut plus de meringue (ou de laine). Et chaque sac, c’est une poche à douille. Vous voyez l’idée.
Une astuce de terrain ? Toujours prévoir large
Entre les petits ajustements, les zones biscornues, les pertes à la découpe et les sacs un peu tassés… on a vite fait de manquer.
Mieux vaut prévoir 10 % de marge. Ou même 15 %, si vous avez un toit en pente, des poutres, des recoins. C’est ce qu’on appelle la réserve anti-stress. Et franchement, elle change tout.
Combien ça coûte, tout ça ?
Ah, la douloureuse.
Un sac de laine de verre (rouleau de 12 m², épaisseur 100 mm) coûte en moyenne 15 à 25 €, selon la marque et l’épaisseur.
Donc pour 100 m² :
- en 10 cm : comptez 150 à 250 €,
- en 20 cm : 300 à 500 €,
- en 30 cm : 450 à 750 €, voire plus.
Et si vous partez sur de la soufflée : les sacs coûtent autour de 20 à 30 €, et il vous en faudra 30 à 35. Faites le calcul… et respirez.
Ah, et n’oubliez pas : tous les sacs ne se valent pas
Il existe différentes performances thermiques à épaisseur égale. Un rouleau de 100 mm avec R = 2,5 n’est pas le même que celui avec R = 3. Certains sont plus “compressés”, plus denses.
Il faut donc lire les étiquettes, comparer les R et non les “cm”.
Et surtout, fuyez les lots pas chers aux performances floues. C’est comme acheter une éponge pour isoler un congélateur : au bout de deux hivers, vous regrettez.
Petit mémo récap pour 100 m² (à garder dans un coin)
| Épaisseur | Type | Surface par sac | Nombre de sacs |
|---|---|---|---|
| 10 cm | Rouleaux | 12 m² | 9 à 10 |
| 20 cm | Rouleaux | 6 m² | 17 à 18 |
| 30 cm | Rouleaux | 4 m² | 25 à 30 |
| 30 cm | Soufflée | 1 m³ | 30 à 35 |
Ce tableau n’est pas une vérité absolue. Plutôt un bon point de départ.
Et la suite ? Isoler, oui, mais correctement
Une fois les sacs achetés, il faudra les poser sans les écraser, bord à bord, en croisant les couches si possible. On peut vite faire n’importe quoi en croyant “gagner du temps”.
Et si vous n’avez jamais mis le nez dans un comble poussiéreux un dimanche d’hiver, préparez-vous : ça sent le vieux bois, le silence, et un peu la solitude. Mais c’est là que votre maison commence à changer.
Foire aux questions — Laine de verre : est-ce vraiment un bon choix pour isoler sa maison ?
À quoi sert la laine de verre, concrètement ?
À garder la chaleur dedans. Et le froid dehors. Ou l’inverse, en été. Bref : elle agit comme une barrière invisible, mais très efficace. Comme un gros pull pour votre maison. Elle piège l’air, et l’air immobile, c’est un super isolant.
Elle sert aussi à isoler du bruit. Si vous avez des voisins bruyants ou des enfants qui sautent à l’étage… elle peut sauver vos nerfs.
Pourquoi choisir la laine de verre plutôt qu’un autre isolant ?
Parce qu’elle est polyvalente, économique, légère et efficace. On l’utilise depuis des décennies, et ça fonctionne toujours. Et surtout, on la trouve partout : grandes surfaces de bricolage, magasins pro, même en ligne.
C’est un peu comme le jean brut du chantier : il va avec tout, et on sait qu’il fait le boulot.
Est-ce que ça isole vraiment bien ?
Oui. Si elle est bien posée. Sinon, non.
Une laine de verre de 30 cm d’épaisseur, posée correctement, offre une résistance thermique R de 7, ce qui est top pour les combles perdus. En mur, il faut adapter l’épaisseur, mais le principe reste le même : plus c’est épais, plus ça isole.
Mais attention : si on la tasse, si on laisse des trous, si on fait n’importe quoi… elle perd la moitié de son efficacité. Vraiment.
Est-ce qu’elle protège aussi du bruit ?
Oui, et plutôt bien. La laine de verre est phoniquement absorbante, donc elle étouffe les sons, les bruits d’impact, les voix trop fortes. Pas totalement, mais suffisamment pour faire la différence.
Dans les cloisons entre pièces, c’est une petite révolution. Le genre de détail qu’on apprécie le jour où le sèche-cheveux se déclenche à 6 h du matin.
Est-ce dangereux à manipuler ?
Elle gratte, ça oui. Elle peut irriter la peau, les yeux, les voies respiratoires. Pas toxique, mais désagréable.
On conseille donc toujours de travailler avec :
- des gants épais,
- un masque anti-poussière,
- des vêtements longs (qu’on n’aime pas trop),
- et si possible, des lunettes.
Après, ça se passe très bien. Un peu comme manipuler une ortie géante… mais utile.
Est-ce un matériau écologique ?
Pas totalement. Mais pas catastrophique non plus.
La laine de verre est fabriquée à partir de sable et de verre recyclé. Donc, côté ressources, c’est plutôt bien. Par contre, elle demande de l’énergie pour être produite. Et elle n’est pas compostable.
Mais elle a un très bon bilan carbone sur le long terme : une maison bien isolée, c’est des années de chauffage en moins. Et ça, écologiquement, ça pèse.
Combien de temps ça dure, une fois posée ?
Longtemps. Très longtemps.
Si la laine de verre est protégée de l’humidité, qu’elle ne bouge pas et qu’elle n’est pas écrasée, elle peut durer plus de 30 ans. Sans perdre en efficacité. C’est un investissement durable. Presque aussi fidèle qu’un vieux radiateur en fonte.
Peut-on l’utiliser partout dans la maison ?
Presque partout, oui. Mais pas n’importe comment.
- Combles perdus : elle est parfaite.
- Murs : idéale si elle est bien intégrée (placo + ossature métallique).
- Cloisons intérieures : super pour le son.
- Sous plancher ou plancher bas : ça dépend, il faut vérifier l’accès et la tenue.
Mais attention : pas dans les endroits humides, type sous-sol mal ventilé ou salle de bain sans VMC. Elle déteste l’eau.
Est-ce que c’est cher ?
Non. C’est même l’un des isolants les moins chers du marché. On trouve des rouleaux dès 2 à 5 € le m², parfois moins en promo.
Et vu le gain de confort thermique et acoustique, le retour sur investissement est plutôt rapide.
Bref, pour son prix, elle en fait beaucoup.
Faut-il mettre un pare-vapeur avec ?
Souvent, oui.
Le pare-vapeur évite que la vapeur d’eau intérieure vienne s’accumuler dans l’isolant. Et l’eau + la laine de verre = le duo qu’on veut absolument éviter.
Certains rouleaux en ont déjà un intégré (kraft ou alu), d’autres non. On peut aussi en poser un indépendamment, en l’agrafant et en le scotchant bien. Pas glamour, mais utile.
Quelle épaisseur choisir ?
Ça dépend de la zone à isoler, mais voici quelques repères utiles :
- Combles perdus : 30 à 40 cm (voire plus si vous êtes ambitieux).
- Rampants de toiture : 28 à 32 cm (en deux couches croisée, souvent).
- Murs intérieurs : 10 à 14 cm.
- Cloisons de séparation : 45 à 70 mm (juste pour le son).
Plus c’est épais, plus ça isole… mais plus ça prend de place. Il faut donc trouver le bon équilibre.
Peut-on poser la laine soi-même ?
Oui. Et beaucoup le font. Il faut juste un peu de méthode, de prudence et de temps.
Les rouleaux se découpent au couteau à isolant, se posent entre les solives ou dans l’ossature métallique, et se déroulent gentiment.
Pas besoin d’un diplôme d’ingénieur, mais un peu de bon sens, oui. Et un bon tuto ne fait jamais de mal.
🪶 Signé Rose Lama, rédactrice pour La Cavalcade. Formée à l’architecture et spécialisée dans les sujets liés à l’habitat, elle écrit depuis les chantiers, les ateliers, les maisons habitées. Chaque article naît d’un regard posé sur le réel — celui de l’Atelier Clarté, entre Paris et Houdan. En savoir plus sur Rose Lama.

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