Poser de la laine de verre dans les combles perdus : mode d’emploi vivant (et piquant)
Il fait froid ? L’hiver s’invite par le plafond ? Il est temps d’aller farfouiller dans ce drôle d’endroit qu’on appelle les combles perdus. Perdus, mais pas pour tout le monde. Avec un bon rouleau de laine de verre, vous allez leur donner une nouvelle raison d’exister. Enfin… d’isoler.
Mais attention : on ne grimpe pas là-haut en tongs. Et encore moins la tête vide. Voici un guide concret, mais jamais barbant.
C’est quoi exactement, les combles “perdus” ?
Pas perdus pour tout le monde, non. Ils sont juste… inaccessibles. Ou presque. Trop bas pour être aménagés, pas de plancher vraiment praticable, une armature souvent biscornue.
Mais ils sont là, au-dessus de vos têtes. Et c’est par là que la chaleur s’envole. Comme un bon dessert oublié sur le rebord de fenêtre. Hop, 30 % de votre chauffage qui se fait la malle. Littéralement.
Pourquoi choisir la laine de verre ?
Parce que c’est un peu la doudoune des maisons. Épais, léger, pas trop cher. Et surtout, très très bon pour piéger l’air. Et l’air immobile, c’est la meilleure barrière contre le froid.
Tiens, imaginez une cabane en plumes. La laine de verre, c’est ça, en version technique. Elle isole bien. Très bien. En hiver comme en été. Mais elle gratte aussi. Beaucoup. D’où la suite…
Matériel à prévoir : sans panique, mais avec gants
Pas besoin d’une armée de charpentiers, mais quelques essentiels :
- Masque, pour éviter d’inhaler des fibres qui chatouillent un peu trop les poumons.
- Lunettes, parce que les yeux, eux, ne rigolent pas avec la laine.
- Gants épais, type jardinage ou bricolage. Les petits gants fins ? Oubliez.
- Combinaison jetable ou vêtements longs. Et vieux. Vous ne les porterez plus jamais après.
Ah, et surtout : une lampe frontale. Car les combles n’aiment pas la lumière. C’est leur côté grotte. Autant s’adapter.
Étape 1 : Observer. Pas foncer tête baissée.
On monte, doucement. On observe.
- Y a-t-il un plancher ? Des solives visibles ?
- De la vie là-haut ? (Oui, parfois, les souris squattent.)
- Un peu d’humidité ou des fuites ? (Dans ce cas… on ne pose rien. On répare d’abord.)
Si tout va bien, si ça ne sent ni le moisi ni le rongeur, on peut souffler un coup. Et continuer.
Étape 2 : Choisir le bon format de laine
Il existe deux types de laine de verre adaptés aux combles perdus :
- En rouleaux : parfait si vous avez un plancher ou des solives accessibles. Vous déroulez, vous ajustez.
- À souffler : idéale quand l’accès est vraiment galère. Une machine propulse la laine comme une neige légère. Vous restez à l’entrée, peinard. Bon, il faut la machine… mais certains magasins la prêtent.
Si vous aimez tout faire à la main : prenez les rouleaux. Sinon, un bon coup de soufflage et hop, c’est réglé.
Étape 3 : Dérouler (mais pas comme un tapis rouge)
On commence toujours au fond. Sinon, il faudra tout piétiner pour finir. Logique.
On déroule entre les solives, sans les écraser. Surtout pas. La laine doit rester bien gonflée, comme un gâteau sorti du four.
Et s’il n’y a pas de solives apparentes ? On crée des repères. Une planche droite, une ficelle tendue, une bonne dose de patience.
On emboîte les lés bord à bord. Sans chevaucher, sans laisser de trou. Pas de couture à l’arrache. L’air passe partout, il ne faut rien lui laisser.
Petite pause ? Non. On continue.
Oui, c’est chaud. Oui, ça gratte. Mais il faut tenir bon. Car voici la seconde couche. Eh oui !
Pour une isolation RT 2020 ou même juste correcte, il faut au moins 30 cm d’isolant. Souvent plus.
On pose alors une seconde couche croisée, perpendiculaire à la première. Comme une couette bien pliée en deux.
Et là, vous sentez ? Le silence. L’épaisseur. L’air qui ne circule plus. Votre maison respire mieux.
Attention aux ponts thermiques (le mot qui fait peur)
Un pont thermique, c’est une fuite. Un trou invisible où la chaleur s’échappe en douce. Comme une invitation au froid.
Ça arrive aux endroits :
- où l’isolant est mal ajusté,
- où il y a des gaines électriques, des spots, des trappes,
- ou encore des zones trop compressées.
Solution ? Découper proprement autour des obstacles. Ajuster. Glisser des petits morceaux. Comme un puzzle. On ne bâcle pas les bords. Ce sont eux qui font toute la différence.
Et la vapeur dans tout ça ?
On y pense rarement. Et pourtant…
Sans pare-vapeur, l’humidité intérieure peut grimper, se coincer dans l’isolant, et hop ! Bonjour les moisissures.
Sur les rouleaux avec pare-vapeur intégré (une sorte de papier kraft ou d’aluminium collé), on les pose face à l’intérieur. Toujours.
Sinon, on peut rajouter un film indépendant. Mais attention : bien scotché, bien continu. Pas question qu’il claque au vent.
Astuce perso (glissée comme une tartine dans une poche)
Un petit marquage au sol (ou au plafond, selon le cas) à la craie permet de suivre votre progression. C’est bête, mais quand tout se ressemble là-haut, ça sauve des heures.
Et si vous êtes deux, adoptez une technique de ping-pong. L’un mesure, l’autre coupe. L’un passe, l’autre replace. On avance deux fois plus vite, et on s’engueule moitié moins.
Que faire des gaines électriques ?
Ne jamais enterrer les câbles dans l’isolant sans savoir ce qu’ils transportent. Certains chauffent. Vraiment.
L’idéal ? Les surélever légèrement, ou les laisser accessibles. Un électricien pourrait vous remercier dans 10 ans.
Et si vous avez des spots encastrés ? Il faut les entourer de protections adaptées (chapeaux, boîtiers) pour éviter tout risque de surchauffe.
Et après ? On redescend ?
Pas tout de suite. Il faut :
- vérifier chaque recoin,
- noter les zones “pas finies”,
- ajuster là où ça gondole.
Et surtout… ne pas stocker de cartons là-dessus. Jamais. Sinon, l’isolant s’écrase et redevient un vulgaire tapis.
Et en été, ça change quoi ?
Tout. Littéralement.
Une bonne couche de laine de verre empêche la chaleur de cuire votre plafond. Il fait plus frais, plus longtemps. On respire mieux. On dort mieux.
Tiens, on entendrait presque les cigales.
Une dernière chose ? Oui, toujours.
Ne vous attendez pas à ce que le chantier soit glamour. Vous allez transpirer, râler, vous gratter l’avant-bras et tomber la tête dans les fibres. Mais…
Quand l’hiver arrivera, que vous entendrez le vent cogner sans que le froid ne passe… vous sourirez. Promis.
Et là, dans le silence ouaté de vos combles, vous vous direz : “Perdus ? Pas pour tout le monde.”
🪶 Signé Rose Lama, rédactrice pour La Cavalcade. Formée à l’architecture et spécialisée dans les sujets liés à l’habitat, elle écrit depuis les chantiers, les ateliers, les maisons habitées. Chaque article naît d’un regard posé sur le réel — celui de l’Atelier Clarté, entre Paris et Houdan. En savoir plus sur Rose Lama.

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