C’est rose. C’est plat. C’est souvent cloué au plafond. Et, non, ce n’est pas un bonbon géant. On l’appelle placo ignifugé. Et il a un super-pouvoir : il résiste au feu. Oui, vraiment. On dirait presque un héros de dessin animé, version chantier.
Mais bon, on ne va pas s’arrêter à sa couleur. Il y a plein de choses à savoir. Parce qu’un mur, c’est pas juste du plâtre et des vis. C’est parfois une barrière entre vous… et une catastrophe.
Un placo, ça reste un placo ?
Pas exactement. Le placo ignifugé, c’est le cousin costaud du placo classique. Il lui ressemble un peu, mais avec un cœur de guerrier. C’est le type de plaque qu’on installe quand on sait que le feu pourrait jouer les trouble-fêtes.
Le secret ? Une âme de plâtre dopée à la fibre de verre et à des additifs qui ralentissent la montée en température. Résultat : ce placo-là tient le coup plus longtemps en cas d’incendie. On parle de 30, 60, voire 120 minutes, selon les modèles.
Et 30 minutes dans un incendie ? C’est énorme. C’est une course contre la montre. Une éternité pour fuir, respirer, appeler, protéger.
C’est pour qui ? Pour quoi ? Où ça ?
Tiens, ça me fait penser à un resto que j’adorais… Ils avaient installé du placo ignifugé dans la cuisine, juste derrière les fourneaux. Personne ne le voyait, évidemment. Mais lui, il veillait.
Voilà à quoi il sert : protéger.
On le pose dans des lieux à risque :
- autour d’un poêle ou d’une cheminée,
- dans les cuisines pro,
- dans les chaufferies, les garages,
- et dans les immeubles qui doivent répondre à des normes très strictes.
Il y a même des bâtiments où le DTU (Document Technique Unifié) impose son utilisation. Oui, ce n’est pas juste un choix déco. C’est du règlementaire.
Un placo rose ? Sérieux ?
Oui, c’est son look. D’ailleurs, c’est pratique : on le reconnaît au premier coup d’œil. On évite les erreurs sur le chantier. Imaginez : poser un placo classique à la place du rose… derrière un insert ? Mauvaise idée. Très mauvaise.
Et puis ce rose, ça donne un petit style. Bon, on le peint après, hein. Mais pendant les travaux, on dirait presque que Barbie a décidé de faire de la maçonnerie. (Mais version pompier.)
Comment ça marche ? Vraiment ?
Le feu attaque. Il lèche, il ronge, il s’insinue.
Le placo ignifugé, lui, résiste. Pas indéfiniment, mais il tient bon. Grâce à sa densité et à ses composants, il ralentit la propagation des flammes. Il évite la transmission de la chaleur à ce qui se cache derrière : un mur porteur, une cloison, un câble, un plancher…
Et parfois, ça suffit pour éviter le pire.
Une minute de plus, une pièce protégée, un escalier praticable.
C’est un peu comme un parapluie dans une tempête de braises. Il ne vous sauvera pas seul. Mais il vous laisse le temps de courir.
Est-ce que ça coûte plus cher ?
Oui. Un peu. Mais on ne parle pas de luxe ici. On parle de sécurité.
- Le placo standard ? Disons entre 3 à 5 € le m².
- Le placo ignifugé ? Plutôt autour de 6 à 8 € le m².
Pas une ruine. Pas un palace non plus. Mais un investissement malin, surtout dans les zones sensibles. Et franchement, si c’est pour sécuriser une famille, un resto, un atelier… le calcul est vite fait.
Et niveau pose ? Facile ou galère ?
Pas de panique. Il se coupe, se visse, se colle, comme les autres. Ce n’est pas un bloc de béton armé. C’est du plâtre, avec un petit supplément d’âme.
Mais attention : comme il est plus dense, il pèse plus lourd. Il faut parfois être deux pour le manipuler. Et ne pas oublier les bons rails, les bons accessoires, les joints adaptés…
Et surtout, il ne faut pas tricher. Pas poser du rose n’importe où. Pas mélanger les types de plaques sans raison. Parce qu’en cas de sinistre… les assurances regardent de près.
Est-ce qu’il est vraiment ignifuge ou juste “résistant au feu” ?
Ah… bonne question.
“Ignifugé”, ça sonne bien. Mais ça peut prêter à confusion.
Le terme exact, c’est plutôt “plaque de plâtre à haute résistance au feu”. Elle ne résiste pas aux flammes indéfiniment. Aucun matériau standard ne le fait. Ce n’est pas du béton réfractaire ou un matériau de fusée spatiale.
Mais c’est une barrière. Une armure temporaire. Et souvent, c’est exactement ce qu’il faut.
Et ça dure dans le temps ? Ou ça s’effrite ?
Bonne nouvelle : c’est très stable. À condition de l’utiliser dans les bonnes conditions.
Pas d’humidité permanente. Pas d’exposition directe à la pluie. Ce n’est pas du carrelage.
Mais dans une cloison sèche, protégée, bien posée ? Il peut tenir des décennies sans broncher.
Et en cas d’incendie ? Il se déforme, bien sûr. Mais après avoir fait son boulot : freiner la chaleur, contenir l’air brûlant, gagner des précieuses minutes.
Est-ce obligatoire chez moi ?
Pas forcément. Tout dépend du type de logement, des installations, des normes en vigueur. Dans une maison individuelle, rien ne vous l’impose… sauf si vous installez un poêle à bois, une chaudière, ou une cloison coupe-feu entre garage et séjour.
Là, oui, il devient votre allié.
Et parfois, c’est l’artisan ou l’architecte qui vous le suggérera. Pas pour vous vendre du rêve. Pour vous éviter des cauchemars.
Et si on l’ignorait ? Vraiment, ça change quoi ?
Imaginez un feu de friteuse. Trois minutes de panique.
Des flammes qui grimpent au plafond. Une cloison en placo classique ? Elle fond, s’effondre, relâche les flammes derrière.
Une cloison ignifugée ? Elle freine. Elle retient. Elle résiste.
Et pendant ce temps, vous ouvrez une fenêtre. Vous sortez. Vous respirez.
C’est là qu’on comprend que 30 minutes, ce n’est pas rien.
C’est la différence entre un feu maîtrisé… et un bâtiment perdu.
À retenir (ou à griffonner sur un coin de mur)
- Le placo ignifugé est rose. Ce n’est pas pour faire joli, mais pour être repéré.
- Il est plus dense, plus lourd, et plus résistant au feu.
- On l’utilise là où le risque de flammes est réel.
- Il n’est pas magique, mais il sauve des minutes vitales.
- Il coûte plus cher… mais pas plus que la sécurité.
Et puis, entre nous…
Ce placo-là, il a un petit quelque chose en plus. Une sorte de courage discret. Il ne crie pas. Il ne clignote pas. Il est là, silencieux, prêt à encaisser. Il n’a pas besoin d’applaudissements. Juste d’être bien posé, bien utilisé, et surtout, pas oublié.
Et si un jour le feu se lève ? Il sera là. En première ligne. À tenir bon pendant que tout le monde court.
🪶 Signé Rose Lama, rédactrice pour La Cavalcade. Formée à l’architecture et spécialisée dans les sujets liés à l’habitat, elle écrit depuis les chantiers, les ateliers, les maisons habitées. Chaque article naît d’un regard posé sur le réel — celui de l’Atelier Clarté, entre Paris et Houdan. En savoir plus sur Rose Lama.

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