comment dit-on placo en anglais

Comment dit-on « placo » en anglais?

On est d’accord : “placo”, c’est le genre de mot qu’on balance dix fois par jour sur un chantier sans y penser. Un peu comme “clope” ou “chignole”. C’est du jargon. C’est du vécu. Ça colle à la poussière du plâtre, aux cris des perceuses, aux pauses café à 9h17. Sauf qu’un jour, on bosse avec un architecte canadien, un client américain, un tuto australien… Et là, boum, le mot “placo” fait buguer tout le monde. Alors ? Comment on traduit ce truc 100% BTP à l’étranger ? Quel est le vrai nom du placoplatre en anglais ? Et surtout, est-ce que ça change selon qu’on est à Londres, à New York ou à Sydney ?

Spoiler : oui, ça change. Et pas qu’un peu.

“Placo”, ce n’est pas du plâtre… mais presque

Avant d’aller causer anglais, petit retour sur le mot lui-même. En France, quand on dit “placo”, on pense à quoi ? À cette fameuse plaque de plâtre, coincée entre deux couches de carton. Ultra fine, ultra pratique, ultra légère (sauf quand on la monte seul au 3e étage sans ascenseur). Elle sert à tout : monter des cloisons, faire des doublages, cacher des câbles… Et elle est tellement ancrée dans nos habitudes qu’on en oublie son vrai nom.

Parce que “placo”, à la base, c’est une marque déposée. Oui oui. Comme Frigidaire. Ou Scotch. Le mot est devenu générique, mais c’est un abus de langage. Le vrai terme, c’est plaque de plâtre.

C’est là que ça devient drôle (et un peu technique).

En anglais, on dit comment ?

Allez, on entre dans le vif du sujet. En anglais, le placo se dit selon les pays :

  • Drywall → aux États-Unis et au Canada. C’est le plus courant.
  • Plasterboard → au Royaume-Uni et en Australie.
  • Gypsum board → plus technique, utilisé dans les fiches produits.
  • Sheetrock → marque déposée (comme “Placo®” chez nous), souvent utilisée aux États-Unis comme nom générique.

Et si vous êtes sur un chantier international, attention aux quiproquos : dire “plaster” tout court peut faire penser à de l’enduit ou à du vrai plâtre à l’ancienne, posé à la truelle. Bref, pas la même ambiance.

Petit lexique express du placo en anglais

Juste pour vous éviter de mimer une plaque de 2m60 devant un Irlandais perplexe :

FrançaisAnglais US/CAAnglais UK/AUS
PlacoDrywallPlasterboard
Pose de placoDrywall installationPlasterboard installation
PlaquisteDrywallerPlasterer (attention, ça peut aussi désigner celui qui fait l’enduit)
Cloison en placoDrywall partitionPlasterboard wall
Cheville pour placoDrywall anchorPlasterboard fixing
Rail métalliqueMetal studMetal track

Tiens, ça me fait penser à une fois, sur un chantier mixte français-canadien, un gars a dit “plaster”, et tout le monde s’est mis à chercher une taloche… alors qu’il voulait juste une vis pour le drywall. C’était cocasse. Et long.

Pourquoi cette traduction compte vraiment

On pourrait croire que c’est juste un détail. Un mot par-ci par-là. Mais non. Sur un chantier, chaque mot a un poids. Un ouvrier qui comprend “drywall” au lieu de “gypsum” va pas prendre le même outil. Un architecte qui parle de “plasterboard” à une équipe américaine ? Il risque de se faire regarder comme s’il demandait du tofu dans une boucherie. Et puis il y a les notices techniques, les devis, les commandes, les normes. Tout ça, c’est du langage. Mal compris = mal posé. Mal posé = mur tordu, devis qui explose, client furieux. Bref, une simple erreur de mot peut faire déraper tout un chantier.

Drywall ou plasterboard : deux visions du même mur

C’est fou comme un mot peut raconter une culture. Aux États-Unis, le drywall, c’est le roi de la maison en bois. On le pose vite, on le peint direct, on enchaîne. C’est l’outil de la productivité. Froid. Efficace.

Au Royaume-Uni, le plasterboard, c’est souvent combiné avec du plâtre vrai, de l’enduit, du tape and jointing… plus lent, plus artisanal parfois. Un peu plus d’amour dans le geste, peut-être ?

Et nous, en France ? On est entre les deux. On a le placo, ce bon vieux copain. Celui qui grince quand on le perce mal. Qui fait des nuages blancs quand on le ponce. Qui sent la poussière sèche, les débuts de chantier, les gants qui accrochent.

Faut-il vraiment traduire “placo” ?

Oui… et non.

Si vous parlez entre collègues sur un chantier en France ? Gardez “placo”, pas de souci. C’est rapide, c’est clair, c’est local. Mais dès que vous sortez de l’hexagone, ou que vous bossez avec une équipe bilingue, un client étranger, un fournisseur en ligne… là, il vaut mieux sortir le bon mot : drywall, plasterboard, ou même gypsum board pour faire pro.

Un peu comme quand on dit “SMS” ici, mais “text message” là-bas. Ce n’est pas qu’une histoire de langue. C’est une histoire de précision, d’image mentale, d’efficacité. Et sur un chantier, ça compte. Plus qu’on ne croit.

Et le placo hydro ? Le BA13 ? Le feu ? Tout ça, on traduit comment ?

Ah ! (pardon, pas d’“ah”, mais on s’est compris). Parlons technique.

  • Placo hydrofugeMoisture-resistant drywall ou green board (souvent vert, comme ici)
  • Placo ignifugeFire-rated drywall
  • BA13 → tout simplement 12.5mm drywall (chez eux, c’est en pouces… donc ça devient 1/2 inch)
  • Double peauDouble layer drywall

Et pour les amoureux des acronymes : le fameux BA13 signifie bords amincis, 13 mm d’épaisseur. Pas besoin de le traduire tel quel, mais comprendre l’épaisseur reste essentiel dans une fiche technique.

Le mot “placo” est bien français, presque poétique. Il sent la sueur, le chantier, le perfo qui résonne dans une pièce vide. Mais dès qu’on sort du cadre hexagonal, il faut changer de vocabulaire pour ne pas perdre le fil du mur. “Drywall”, “plasterboard”, “gypsum board”… Ce ne sont pas que des mots. Ce sont des outils. Des ponts. Des traducteurs de chantier.

Et vous savez quoi ? Une fois qu’on maîtrise le lexique, tout va mieux. On comprend les plans. On lit les devis sans sourciller. On passe commande à l’étranger sans se retrouver avec un conteneur de carrelage au lieu de plaques.

Comme quoi, même dans le BTP, les mots ont leur propre ciment.

🪶 Signé Rose Lama, rédactrice pour La Cavalcade. Formée à l’architecture et spécialisée dans les sujets liés à l’habitat, elle écrit depuis les chantiers, les ateliers, les maisons habitées. Chaque article naît d’un regard posé sur le réel — celui de l’Atelier Clarté, entre Paris et Houdan. En savoir plus sur Rose Lama.


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