c'est quoi un mur en placo

C’est quoi un mur en placo?

Bon, le mur en placo, tout le monde en parle. Tout le monde en a vu. Certains en ont monté (mal), d’autres l’ont percé (trop fort), d’autres encore l’ont maudit (souvent, vers 17h30 un samedi).

Mais au fond, qu’est-ce que c’est vraiment… ce fameux “placo” ? Une illusion ? Un truc fragile ? Une révolution bricolage ? Une excuse pour racheter une visseuse ? Allez, on rentre dedans — pas au marteau, promis.


Le placo, c’est quoi au juste ? (et pourquoi ce nom bizarre)

Placo, c’est pas le nom scientifique. Le vrai nom, c’est plaque de plâtre. Oui, c’est moins sexy, on est d’accord.
Mais “placo”, c’est comme “frigo” ou “clope” : ça va plus vite et tout le monde comprend.

Techniquement, c’est une plaque rigide avec un cœur en plâtre, prise en sandwich entre deux couches de carton.
Imaginez un mille-feuille… mais en plus sec. Et moins comestible, évidemment.

Et pourquoi on en voit partout ? Parce que c’est rapide à poser, pas trop cher, modulable à l’infini, et — ça se murmure dans les couloirs des magasins de bricolage — ça rend les murs droits. Même dans une vieille maison en zigzag.


À quoi ça sert, ce mur en placo ?

Un mur en placo, ça peut tout faire. Ou presque.

  • Créer une cloison, là où avant, il n’y avait que vide.
  • Doubler un mur existant (pour cacher un vilain tuyau ou isoler un peu).
  • Intégrer de l’électricité dedans (et éviter les fils qui pendent comme des spaghettis).
  • Poser un revêtement propre sur un mur tout tordu.

Et puis surtout, c’est un terrain de jeu. On peut y accrocher des étagères, des cadres, des rêves de dressing… (mais pas n’importe comment, on y reviendra).


Ça ressemble à quoi, un mur en placo ?

Visuellement ? On pourrait dire que c’est… propre. Trop propre, même.
Lisse, mat, blanc cassé. Presque clinique, avant peinture ou papier peint.
Au toucher, c’est froid, un peu farineux. Pas vraiment sensuel. Mais ça sent le neuf.
Et quand on tape dessus ? Ça sonne creux.
Pas vide, hein. Juste… léger. Comme si derrière, y’avait un monde secret. Ou rien du tout.

Et justement, c’est ça qui change tout : un mur en placo n’est pas plein.
Il a un squelette. Des rails métalliques. Comme un mannequin de couture.
Et entre ces rails, souvent, on glisse de la laine de verre. Ça gratte, ça pique, mais ça isole. Du son. Du froid. De la réalité parfois.


C’est solide, un mur en placo ?

Question piège.
Oui. Mais pas comme un mur en pierre. On ne va pas s’adosser dessus en criant “Vive les charges lourdes !”
Un mur en placo, c’est comme un vase en métal : ça tient bien, mais ça a ses limites.
Si vous tapez dedans avec un pied de chaise, il va pas aimer. Si vous y vissez une télé sans renfort, il va pleurer (et tomber).

Mais si c’est bien monté ? Alors là, ça tient.
Les pros savent renforcer les points faibles. Mettre des montants supplémentaires. Jouer avec les plaques hydro, feu, phonique…
C’est pas juste poser une plaque et croiser les doigts.


Qui fabrique ces murs ? Et comment ?

Deux écoles.
Les pros, qui posent ça en une demi-journée, sans un mot, avec une précision de chirurgien.
Et les bricoleurs, qui posent ça en une semaine, avec un niveau douteux, des vis partout, et une fierté énorme. Et franchement, on les aime aussi.

Le montage ? C’est pas de la sorcellerie.
On fixe d’abord des rails en U au sol et au plafond.
Puis on glisse des montants verticaux.
On visse les plaques. On laisse un petit jour au sol, pour que ça respire.
On passe les câbles, les gaines, la laine.
On enduit les joints. Et là, c’est le moment de vérité.

Car oui, un mur en placo se trahit à la finition.
Un joint mal poncé ? Et tout lisse devient bosselé.
C’est comme un gâteau raté : ça se voit direct.


Et côté déco, ça donne quoi ?

Tout. Absolument tout.
Le placo, c’est un caméléon.

  • Peinture mate ? Il adore.
  • Papier peint à motifs ? Il encaisse.
  • Lambris, carreaux, enduit texturé ? Oui, mais avec modération.

La seule chose qu’il déteste ? L’humidité.
Mais même là, on a trouvé la parade : le placo hydrofuge, vert pastel, parfait pour les salles de bains.
Tiens, ça me rappelle un mur monté dans une buanderie… il a tenu. Même après deux lessives ratées.


Avantages ? Inconvénients ? Le duel

On aime :

  • Sa légèreté (un mur sans casser le dos).
  • Sa rapidité de pose (sauf si on est seul et distrait).
  • Sa modularité (une pièce devient deux, hop magie).
  • Son prix (moins que du béton, plus que du rêve).

On râle sur :

  • Sa fragilité relative (surtout pour les enfants cascadeurs).
  • Ses limites pour les charges lourdes (à moins de bien préparer).
  • Les finitions : poncer, enduire, recommencer… faut aimer.

Est-ce qu’il faut en avoir peur ?

Non.
Mais faut pas non plus le sous-estimer.
Un mur en placo, c’est comme un chat.
Silencieux, discret, mais un peu capricieux.
Si on s’y prend mal, il griffe.
Si on le respecte, il vous accompagne pendant des années.
Parfois, on l’oublie même. Jusqu’au jour où il faut percer dedans.

Et là… on se demande où passent les fils. Les tuyaux. Les surprises.


En résumé ? (Mais pas trop carré)

Un mur en placo, c’est pas juste un mur.
C’est un choix. Une manière de penser l’espace. De tricher un peu avec la réalité.
De faire apparaître une chambre, un bureau, un dressing — là où il n’y avait que du vide.
C’est discret, silencieux, efficace.
Un peu comme un bon outil : quand il fait bien son boulot, on n’y pense même plus.

Mais qu’on ne s’y trompe pas : ce n’est pas un mur de pacotille.
C’est un mur intelligent. Léger dans la main, mais fort dans l’idée.
Un mur qui s’adapte, qui se démonte, qui se transforme.
Un mur moderne, quoi.

Et vous savez quoi ? Il n’a même pas besoin d’être en béton pour tenir debout.

FAQ : tout ce que les gens osent taper sur Google (et qu’on comprend très bien)

Quelle est l’épaisseur d’un mur en placo ?

Ça dépend. (Oui, réponse facile, mais vraie).
Le plus courant, c’est le placo BA13 : 13 mm d’épaisseur, posé sur une ossature métallique. Avec l’isolant, les rails, tout ça… on arrive souvent à 7,5 cm minimum, parfois plus.
Mais si vous rêvez d’un mur ultra-fin ou d’un maxi isolant phonique ? Il y a d’autres combinaisons possibles. Mais faut assumer les choix. Et les mètres carrés en moins.


Quelle est la différence entre BA10, BA13 et BA15 ?

C’est pas une formule de maths, rassurez-vous.
Le chiffre, c’est juste l’épaisseur de la plaque.

  • BA10 : plus fin, plus fragile, mais pratique dans des petits espaces.
  • BA13 : le classique, le roi du placo, le préféré des pros.
  • BA15 : plus costaud, plus isolant, mais aussi plus lourd (et plus cher).

Le “BA” ? Ça veut dire Bords Amincis. Oui, c’est très sérieux.
Et ça sert pour faire des joints propres entre les plaques. Si c’est pas de l’amour du détail…


Peut-on poser un mur en placo soi-même ?

Oui. Mille fois oui.
Mais faut pas rêver : c’est pas de la magie.
Il faut du matos, un peu de méthode, et une bonne dose de patience (surtout au moment des joints… là, on revoit toute sa vie).
Mais franchement, avec des tutos, un niveau laser, et quelques jurons bien placés, c’est faisable.
Et surtout : hyper gratifiant.
Ce n’est pas parfait ? Justement. C’est votre mur.


Le placo est-il un mur porteur ?

Ah non. Absolument pas. Jamais.
Un mur en placo, c’est un mur de séparation. Une cloison. Un faux mur, diront certains.
Mais c’est pas lui qui soutient la maison.
Vous pouvez le casser sans faire tomber le toit.
Mais vous pouvez pas y accrocher un punching-ball sans précautions.
Donc on évite les illusions de solidité. Il a ses forces, ses limites. Comme nous tous.


Est-ce qu’on peut isoler avec du placo ?

Carrément. C’est même une des raisons de son succès.
Entre les plaques, on glisse souvent de la laine de verre, de roche, ou même des panneaux en mousse.
Résultat ? Moins de bruit, moins de froid, plus de confort.
Certains placos sont même “doublés” d’usine avec de l’isolant collé derrière (on les appelle “doublages”).
Mais attention : pour vraiment bien isoler, faut pas juste poser des plaques.
Faut penser étanchéité, ponts thermiques, joints, etc. Sinon, c’est comme un manteau troué.


Peut-on peindre directement sur du placo ?

Alors là, on touche un sujet sensible.
Oui, on peut, mais pas à l’arrache.
Un mur en placo brut, c’est comme une éponge. Il boit tout.
Donc on met une sous-couche spéciale plaques de plâtre. Sinon, bonjour les taches, les irrégularités, et la peinture qui accroche de travers.
Après ça, tout est permis : mat, satin, couleurs flash ou blanc cassé d’influence scandinave… on ne juge pas.


Est-ce que le placo résiste à l’humidité ?

Pas le placo standard.
Lui, s’il prend une douche, il se décompose. Littéralement.
Mais il existe une version hydrofuge, de couleur verte, qu’on utilise dans les pièces d’eau.
Salle de bain, cuisine, buanderie… il résiste mieux.
Mais il n’est pas infaillible non plus. On ne l’utilise pas dans une piscine.
Et il faut bien ventiler, sinon même le placo le plus brave finira par se gondoler.


Peut-on fixer une étagère sur du placo ?

Oui, mais pas n’importe comment.
Le placo, c’est pas du béton.
On évite de visser direct avec des chevilles classiques.
Il faut des chevilles Molly ou des renforts dans l’ossature, si vous aviez prévu le coup.
Et on ne suspend pas la bibliothèque familiale dessus.
On est sur de la charge légère à moyenne.
Pour tout ce qui pèse : on va chercher les montants métalliques derrière la plaque (avec un détecteur… ou en tapotant, à l’ancienne).


Combien ça coûte de faire un mur en placo ?

Bonne question.
En fourniture seule (plaques, rails, vis, enduit…), on peut compter entre 25 et 45 € le m².
Avec la pose par un pro ? Plutôt 50 à 80 € le m².
Mais comme toujours… ça dépend.
Des options, des finitions, de la hauteur sous plafond, du niveau de galère du chantier.
Tiens, une cloison droite dans une pièce vide ? Facile.
Un doublage avec 14 prises électriques, deux angles sortants et une porte ? Là, c’est une autre histoire.


Est-ce que le placo est écologique ?

Euh… oui et non.
Le plâtre, c’est naturel (coucou les carrières de gypse).
Mais les plaques, elles, demandent de l’énergie à produire. Et le carton, c’est recyclé, mais pas éternel.
Cela dit, le placo se recycle, et les déchets de chantier peuvent être valorisés.
Et vu sa légèreté et sa rapidité d’installation, il reste souvent plus “soft” en empreinte carbone que des murs maçonnés.
Mais comme pour tout : c’est la manière de poser, d’isoler, de jeter qui compte.
Pas juste la plaque elle-même.

🪶 Signé Rose Lama, rédactrice pour La Cavalcade. Formée à l’architecture et spécialisée dans les sujets liés à l’habitat, elle écrit depuis les chantiers, les ateliers, les maisons habitées. Chaque article naît d’un regard posé sur le réel — celui de l’Atelier Clarté, entre Paris et Houdan. En savoir plus sur Rose Lama.


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