Ce mur vous parle ? Il dit “aïe”
Un mur, ça vit. Il craque, il se fissure, il s’use, il boude. Et parfois… il saigne un peu. Enfin, façon de parler.
Avant de peindre, on doit donc lui offrir un petit soin. Un ravalement de façade en douceur.
Mais attention. Ce n’est pas un spa. Ce n’est pas non plus une séance chez l’ostéo. Il faut choisir le bon soin au bon moment. Et c’est là que les enduits entrent en scène.
L’enduit de rebouchage : le costaud du groupe
C’est le costaud, le rustique, le sans-détour. Un peu comme un maçon du dimanche mais qui aurait mangé du béton au petit dej’.
Il sert à quoi ? À reboucher des trous. Les vrais. Pas des petits caprices de surface. Non. Des vrais cratères. Genre une cheville qui a fait la malle, ou un ancien support télé qui a laissé des souvenirs.
Texture ? Épaisse. Grasse. Ça colle aux doigts et ça tient bien.
Séchage ? Long. Il faut lui laisser le temps de prendre sa place.
Application ? Spatule, couteau de peintre… bref, du costaud pour du costaud.
Odeur ? Légère touche de plâtre humide, ce parfum du dimanche matin.
Mais attention : il fait le sale boulot, pas la finition. Une fois qu’il a bossé, le mur reste… un peu rugueux. Un peu brut de décoffrage.
L’enduit de lissage : le danseur étoile
Lui, c’est tout l’inverse. Léger, fin, presque poétique.
C’est le type qui arrive après la tempête. Quand tout est bouché, rebouché, sécurisé. Il vient adoucir les aspérités. Lustrer. Lisser. Caresser, presque.
Texture ? Crémeuse, douce, presque onctueuse. Un bonheur à étaler.
Séchage ? Plus rapide, mais gare aux couches épaisses.
Application ? Large lame ou platoir. Et là… on étire, on glisse. C’est presque méditatif.
But ? Obtenir un mur aussi lisse qu’un galet de rivière. S’il brille un peu, c’est encore mieux.
Donc on commence par… ?
Par le rebouchage, évidemment. Sinon, le lissage ne sert à rien.
C’est comme mettre du fond de teint sans avoir nettoyé la peau avant. Ça masque un temps… mais le fond crie toujours.
Étape 1 : repérez les trous, les fissures, les vieilles blessures du mur.
Étape 2 : sortez l’enduit de rebouchage, comblez, attendez.
Étape 3 : poncez, caressez. Ça doit être sec, uniforme, net.
Étape 4 : appliquez l’enduit de lissage, en fines couches, sans vouloir aller trop vite.
Des erreurs qu’on a tous faites (au moins une fois)
- Utiliser l’enduit de lissage pour reboucher. Mauvaise idée. Il ne tient pas en profondeur, et il se rétracte.
- Reboucher et peindre direct. Résultat ? Le mur a l’air de sortir d’un western.
- Trop charger. Que ce soit l’un ou l’autre, l’excès crée des bosses. Et rebelote, ponçage, soupirs…
- Mal mélanger. Un enduit mal mélangé, c’est comme une pâte à crêpes pleine de grumeaux : ça fait des surprises au mur.
Petit coup d’œil aux types d’enduits (oui, il y en a plein)
- En poudre à mélanger soi-même : plus économique, plus technique. Odeur de plâtre, ambiance atelier.
- Prêt à l’emploi : le tube magique pour les impatients. Plus cher, mais rapide.
- Enduit allégé : plus facile à poncer, plus maniable. Comme une mousse au chocolat, mais pour mur.
À quel moment on sait que c’est bon ?
Quand on ferme les yeux, et qu’en passant la main sur le mur… rien. Aucun relief. Pas de bosse, pas de creux. Juste une surface douce, sèche, homogène.
Le genre de mur qu’on pourrait presque confondre avec une page blanche.
Et là, seulement là… on peut penser à la peinture. Ou au papier peint. Ou à cette idée farfelue de fresque murale.
L’enduit de rebouchage ? Le réparateur. Le plombier des murs.
L’enduit de lissage ? Le maquilleur. L’illuminateur de surfaces.
Ils ne font pas le même boulot, ils ne viennent pas au même moment, et ils ne s’aiment pas trop. Chacun sa spécialité.
Mais quand ils bossent ensemble, le mur devient une œuvre. Une toile prête à accueillir vos envies.
Et au final ? Ce n’est pas une question technique. C’est presque… une histoire de rythme. De soin. De logique aussi. Et de patience, beaucoup.
Besoin d’un conseil avant de dégainer la spatule ?
L’astuce d’un artisan du coin, ou juste… un peu d’encouragement ? On est là. Parce qu’un mur bien lissé, c’est un peu comme une page de carnet toute neuve. Et ça, ça change tout.
🪶 Signé Rose Lama, rédactrice pour La Cavalcade. Formée à l’architecture et spécialisée dans les sujets liés à l’habitat, elle écrit depuis les chantiers, les ateliers, les maisons habitées. Chaque article naît d’un regard posé sur le réel — celui de l’Atelier Clarté, entre Paris et Houdan. En savoir plus sur Rose Lama.

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