On a tous eu cette pensée. Ce petit raccourci mental qui dit : « Pourquoi s’embêter à percer le toit si on peut balancer l’air dans les combles ? Après tout, c’est juste un grenier, non ? »
Oui. Sauf que non. C’est un peu comme jeter ses chaussettes sales sous le lit en espérant qu’elles disparaissent. Sur le moment, ça passe. Mais ça finit toujours par sentir le vieux drap mouillé.
Ce n’est pas juste une lubie de bricoleur du dimanche. Beaucoup se posent la question. Parce qu’isoler une VMC, tirer des gaines, poser une sortie en toiture… ça coûte. Ça fatigue. Et ça donne des envies de raccourci.
Mais les combles, eux, n’ont rien demandé.
L’air vicié, c’est pas juste de l’air
Il sent la friture froide. Il colle un peu. Il sort de la salle de bain, de la cuisine, des WC. Ce n’est pas un air propre qui fait une balade. C’est un air chargé. En humidité. En particules grasses. En odeurs. Et parfois même en moisissures volantes.
Le rejeter dans les combles, c’est leur offrir un petit cocktail tiède et humide. Imaginez l’odeur d’un torchon mouillé oublié dans une boîte en plastique fermée. Voilà. C’est ça.
Et une fois là-haut, cet air se condense. Il s’infiltre. Il s’incruste dans la laine de verre. Il chatouille la charpente. Il fait gonfler le bois. Lentement. Sûrement. Jusqu’à ce qu’un jour, en visitant votre grenier, vous vous demandiez pourquoi tout est un peu… poisseux.
Ce que disent les règles (et elles sont claires, pour une fois)
DTU 68.3. Trois lettres, un point, un chiffre, et un point final. Pas sexy, mais formel : on ne rejette pas l’air de la VMC dans les combles. Ni dans le vide sanitaire. Ni dans un garage. Bref, nulle part où il pourrait stagner.
Pourquoi cette fermeté ? Parce que les dégâts ne sont pas visibles tout de suite. Ce n’est pas une explosion. C’est une érosion. Sourde. Invisible. Et un jour, ça vous coûte une toiture entière. Ou pire : des problèmes de santé. Un air vicié, coincé, peut rendre un habitat franchement malsain.
Et puis les assurances, elles, n’aiment pas l’impro. En cas de sinistre lié à l’humidité ou à la moisissure… une installation non conforme peut suffire à tout faire sauter.
Et si les combles sont bien ventilés ?
Bonne tentative. Mais non. Même dans ce cas, il y a des réserves. Pour que ça marche, il faudrait que les combles soient :
- parfaitement ventilés, mais pas par une simple tuile cassée ;
- accessibles ;
- inspectés régulièrement ;
- jamais transformés en pièce de vie, même un jour, même peut-être…
Bref, il faudrait un alignement des planètes digne d’un conte de sorcellerie. Et soyons honnêtes : dans la vraie vie, ces conditions ne sont jamais réunies.
Oui mais bon… ça coûte cher de percer le toit
C’est vrai. Poser une sortie en toiture, c’est un petit chantier. On grimpe, on découpe, on installe un chapeau (pas pour le style, hein, pour la pluie), on isole. Mais c’est la seule option durable et saine.
Et quitte à faire les choses bien : isolez la gaine, évitez les coudes inutiles, optez pour une VMC hygroréglable si possible (ça s’adapte à l’humidité, malin et économique). Ou carrément une double flux si vous voulez du grand confort.
Oui, ça fait grimacer. Mais entre une dépense ponctuelle et un toit moisi ou une VMC à moitié morte, le calcul est vite fait.
Ce qu’on voit parfois (et qu’on ne devrait jamais voir)
Tiens, ça me fait penser à ce grenier d’une vieille maison visitée par un ami. Il y avait une gaine qui crachait un souffle tiède dans l’isolant, un peu comme un sèche-cheveux oublié. Et autour ? Une auréole de moisissure grise. Une odeur d’algues et de poussière chaude. Charmant.
Et pourtant, de l’extérieur, la maison semblait impeccable.
C’est ça le piège : l’intérieur peut pourrir sans bruit.
Le mot de la fin ? Non. Juste du bon sens
Rejeter la VMC dans les combles, c’est comme cacher la poussière sous le tapis. On croit qu’on gagne du temps. Mais on le paie toujours plus tard.
Alors oui, faites sortir cet air dehors. Loin. Là où il peut s’évaporer, disparaître, se diluer dans le vent. Pas dans vos combles. Pas sur votre laine de verre. Pas contre vos poutres.
Et si un artisan vous propose l’inverse ? Changez d’artisan.
FAQ
Pourquoi ne faut-il jamais évacuer la VMC dans les combles ?
Parce que l’air que la VMC extrait n’est pas “neutre”. Il est humide, gras, parfois chargé en odeurs (bonjour la cuisine à l’ail…). Dans les combles, cet air se condense sur les surfaces froides : ça trempe l’isolant, ça attaque les bois, ça crée un nid à moisissures. Et les conséquences peuvent être sérieuses : charpente abîmée, perte d’efficacité thermique, voire sinistres non couverts.
Quelles sont les conséquences d’un rejet VMC mal placé ?
Humidité excessive. Odeurs stagnantes. Isolation gorgée d’eau. Et dans certains cas, une dégradation lente de toute la toiture. On parle aussi de risques pour la santé : champignons, air malsain… bref, ça sent le souci à plein nez. Et ça finit souvent par coûter plus cher que l’installation conforme.
Que dit la réglementation sur la VMC dans les combles ?
Le DTU 68.3 interdit explicitement le rejet d’une VMC dans les combles perdus, aménagés ou non. L’air vicié doit être évacué à l’extérieur : par le toit ou une façade. Une installation non conforme peut entraîner un refus de prise en charge par l’assurance en cas de dommage lié à l’humidité.
Y a-t-il une exception si les combles sont bien ventilés ?
Théoriquement, si les combles sont chauffés, ventilés, non aménagés, bien surveillés… ça réduit un peu les risques. Mais en pratique, cette configuration est rare. Très rare. Et la réglementation, elle, ne fait pas de poésie : le rejet dans les combles reste interdit. Mieux vaut ne pas tenter le diable.
Comment bien évacuer l’air de la VMC ?
- Sortie en toiture : par un chapeau de toiture ou une tuile à douille. C’est la méthode la plus courante et la plus durable.
- Sortie murale : possible, mais attention à ne pas placer la bouche d’évacuation près d’une fenêtre, d’un balcon ou d’une prise d’air.
- Sortie en façade : une alternative efficace pour les maisons sans combles ou à toit plat.
Dans tous les cas, la gaine d’évacuation doit être isolée, courte, avec peu de coudes, et posée avec soin.
Combien coûte une évacuation VMC conforme ?
Tout dépend de la configuration du logement. Une sortie en toiture peut coûter entre 200 et 600 euros selon la complexité (accès, type de toit, étanchéité…). Mais comparé à une charpente attaquée par l’humidité ou une isolation foutue… c’est un bon investissement. Et si on refait la VMC en même temps, autant tout faire proprement.
Peut-on rejeter une VMC double flux dans les combles ?
Non plus. Même si l’air extrait est moins chargé qu’en VMC simple flux, il reste vicié. En VMC double flux, l’air extrait passe dans un échangeur thermique… mais il doit ensuite être évacué dehors. Sinon, c’est tout le système qui perd en efficacité. Et les risques sont les mêmes : humidité, moisissures, dégâts invisibles.
Est-ce qu’une mauvaise évacuation VMC peut faire perdre la garantie décennale ?
Oui, clairement. Une installation non conforme, même mineure, peut annuler la garantie décennale de l’artisan. Surtout si elle entraîne des désordres (infiltrations, condensation, champignons…). En cas de revente, ça peut aussi bloquer le dossier. Mieux vaut s’assurer que tout est dans les clous dès le départ.
🪶 Signé Rose Lama, rédactrice pour La Cavalcade. Formée à l’architecture et spécialisée dans les sujets liés à l’habitat, elle écrit depuis les chantiers, les ateliers, les maisons habitées. Chaque article naît d’un regard posé sur le réel — celui de l’Atelier Clarté, entre Paris et Houdan. En savoir plus sur Rose Lama.

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