Installer une VMC double flux : pas juste des gaines, une révolution d’air
Un petit bruit dans les murs. Un souffle discret. Et, soudain, une maison qui respire mieux que nous. Voilà ce que promet une VMC double flux. Mais l’installer ? Ouille. Ce n’est pas comme monter une étagère Billy.
Derrière ces trois lettres – VMC – se cache une petite bête technique. Deux flux, des gaines, des bouches d’extraction, une centrale, un échangeur thermique… bref, pas mal de matos. Et surtout : des choix. Bons ou très mauvais. Parce que mal installée, elle fait du bruit, elle condense, elle sert à rien. C’est un peu comme acheter un vélo de course pour faire du sur-place dans le salon.
Avant de percer, respirer (et réfléchir un peu)
Première question : pourquoi une double flux, et pas une simple flux ?
- Parce que ça récupère la chaleur de l’air vicié.
- Parce que ça évite de gaspiller de l’énergie.
- Parce qu’on en a marre des courants d’air glacés dans le couloir.
Mais… ça coûte plus cher. Ça demande de la place. Et surtout, un plan. Pas une intuition du dimanche matin. Un vrai plan, avec des flèches, des longueurs de gaines mesurées au mètre près. Car oui, la VMC double flux, ça ne s’improvise pas à la scie sauteuse.
Étape 1 : choisir le bon emplacement (et se battre avec le plafond)
La centrale double flux, c’est le cœur du système. Un gros caisson qu’on installe généralement dans les combles (quand il y en a). Si ce n’est pas possible, un cellier, un faux plafond ou même un placard technique peuvent faire l’affaire. Mais attention :
- Il faut pouvoir y accéder facilement.
- Il faut qu’elle soit suspendue (pour éviter les vibrations).
- Et il faut l’isoler acoustiquement (sinon, bonjour le vrombissement permanent).
C’est un peu comme loger une valise à roulettes dans un studio de 9 m² : faut être malin, précis, et un poil contorsionniste.
Étape 2 : tracer les réseaux d’air (et garder son calme)
Ici, on entre dans le dur : le passage des gainages.
Il y a deux réseaux :
- un réseau d’extraction (cuisine, WC, salle de bains),
- un réseau d’insufflation (séjour, chambres, bureau).
Chacun doit aller jusqu’à la centrale. Et là… surprise. Les combles sont trop bas, le faux plafond trop fin, les murs porteurs font les malins. Bref, rien ne va comme prévu.
Il faut :
- des coudes doux (pour limiter les pertes de charge),
- des gaines bien tendues (pas des serpents paresseux qui traînent),
- des longueurs équilibrées (sinon une chambre sera ventilée à fond, l’autre pas du tout).
Et puis, il y a les caissons de répartition. Des boîtes avec des piquages multiples, qui ressemblent un peu à des pieuvres métalliques. On les fixe, on les connecte, on les insulte parfois… mais elles font le lien entre tout.
Étape 3 : percer les murs (et pleurer un peu)
Installer une VMC double flux, c’est aussi faire sortir deux gros tuyaux vers l’extérieur :
- une prise d’air neuf,
- un rejet d’air vicié.
Ces deux là ne doivent pas être trop proches, ni orientés contre le vent, ni installés à hauteur de nez (ça sent parfois…).
On perce, on passe les gaines, on étanchéifie (mastic, mousse, colle, tout y passe). Et on prie pour que la pluie ne s’invite pas dans le circuit. Tiens, ça me rappelle ce vieux radiateur qui suintait dans l’appart de Mamie…
Étape 4 : poser les bouches (et ne pas se planter de sens)
Petite erreur fréquente : inverser insufflation et extraction.
Résultat ? On souffle de l’air dans les WC et on aspire dans le salon. Charmant.
Pour éviter ça :
- les bouches d’extraction vont dans les pièces humides,
- les bouches d’insufflation dans les pièces de vie.
Elles doivent être accessibles (pour nettoyage), réglables (pour équilibrage), et si possible jolies (ou du moins pas trop moches). Certaines sont rondes, d’autres plates, d’autres invisibles… mais toutes font le même bruit si mal posées : ffffhhhh… ce petit sifflement agaçant qui vous rend fou la nuit.
Étape 5 : raccorder électriquement (et prier pour que ça démarre)
La centrale doit être reliée à une prise électrique dédiée. On installe un disjoncteur, on vérifie la terre, on serre les dominos. Et ensuite ? Le moment du test. On allume.
Et là…
- Soit elle ronronne doucement. Parfait.
- Soit elle fait un bruit d’aspirateur. Trop fort.
- Soit elle ne s’allume pas. Et on recommence tout.
Un petit réglage des débits, un équilibrage avec un anémomètre (ou un doigt mouillé, pour les plus téméraires), et voilà. L’air circule.
Installer une VMC double flux, c’est un sport
Un sport où il faut grimper, percer, comprendre des schémas, porter des gaines, jurer doucement (ou fort), et recommencer.
Mais à la fin, quelque chose change. L’odeur du linge dans la chambre. L’humidité qui disparaît. Le silence presque médical de l’air qui bouge sans courant d’air.
Ce n’est pas juste un appareil. C’est une respiration retrouvée.
FAQ
Pourquoi installer une VMC double flux plutôt qu’une simple flux ?
Parce qu’elle récupère la chaleur de l’air sortant pour réchauffer l’air entrant. Moins de pertes d’énergie, un confort thermique bien meilleur… et zéro courant d’air glacé dans la nuque.
Faut-il des combles pour installer une VMC double flux ?
Pas forcément. Si vous avez un cellier, un placard technique, voire un faux plafond avec assez de hauteur, ça peut suffire. Il faut juste pouvoir y accéder facilement (et éviter les vibrations trop sonores).
Quel est le meilleur endroit pour placer la centrale double flux ?
Un endroit sec, isolé du bruit, mais accessible. Le plus souvent : les combles. Sinon, un local technique, un garage, ou une buanderie. Évitez les pièces de vie. Un caisson qui vibre au-dessus du canapé ? Mauvaise idée.
Quelle différence entre les bouches d’insufflation et d’extraction ?
- Extraction : dans les pièces humides (WC, salle de bain, cuisine).
- Insufflation : dans les pièces de vie (salon, chambres, bureau).
Et non, on ne souffle pas dans les toilettes. Ce serait… comment dire… un peu embêtant.
Peut-on installer une VMC double flux soi-même ?
Oui, mais il faut être un peu bricoleur + organisé + patient. Il faut savoir percer, poser des gaines, faire un raccord électrique sécurisé, et comprendre quelques bases de ventilation (sinon, bonjour les sifflements).
Combien de temps faut-il pour l’installation complète ?
Comptez 2 à 4 jours en auto-installation, selon la configuration de la maison, l’accessibilité des combles, et votre niveau d’habitude. Un pro peut le faire en 1 à 2 jours.
Est-ce qu’une VMC double flux fait du bruit ?
Si elle est bien posée : non. Si elle est mal suspendue, trop puissante ou mal équilibrée : oui. Ça peut siffler, vibrer ou ronronner fort. D’où l’intérêt de l’isolation acoustique, et de gaines bien posées.
Faut-il entretenir sa VMC double flux ?
Oui, et régulièrement. Nettoyage des filtres tous les 3 à 6 mois, contrôle des gaines et dépoussiérage des bouches. Une VMC qui ne respire plus, ça sent mauvais. Littéralement.
Quel est le prix d’une installation complète ?
- En auto-installation : entre 1 500 et 3 000 € (matériel seul).
- Avec un pro : 3 500 à 6 000 €, selon la taille du logement, la complexité, les options (bypass, silencieux, régulateur…).
Une VMC double flux fonctionne-t-elle avec des fenêtres ouvertes ?
Pas vraiment. Ouvrir les fenêtres trop souvent casse tout le principe du système. C’est un peu comme faire couler un bain… en laissant le bouchon ouvert.
🪶 Signé Rose Lama, rédactrice pour La Cavalcade. Formée à l’architecture et spécialisée dans les sujets liés à l’habitat, elle écrit depuis les chantiers, les ateliers, les maisons habitées. Chaque article naît d’un regard posé sur le réel — celui de l’Atelier Clarté, entre Paris et Houdan. En savoir plus sur Rose Lama.

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