Vendre une maison avec travaux : mission impossible ? Pas du tout.
Un vieux papier peint qui se décolle. Des tomettes fatiguées. Une cuisine couleur saumon (qui n’a jamais été à la mode, soyons honnêtes). Vendre une maison avec travaux, ça peut faire peur. Aux acheteurs… et aux vendeurs. On s’imagine déjà les visiteurs plisser le nez, chuchoter dans l’entrée, repartir en secouant la tête. Et pourtant, bonne nouvelle : tout est vendable. Tout. Même une maison bancale, tant qu’on sait comment raconter son histoire.
Parce que vendre, ce n’est pas cacher. C’est séduire autrement.
Accepter d’être honnête (sans être défaitiste)
Un mur lézardé, ce n’est pas la fin du monde. Mais le taire, ça l’est. Dans l’immobilier, la confiance, ça se sent à l’odeur. Dès la première visite. Dès la première phrase. “Maison à rafraîchir”, “prévoir travaux”… ces termes un peu flous font lever un sourcil. Et si on allait droit au but ? Une maison avec des défauts, c’est une maison avec du potentiel. Et surtout, c’est une maison qui a vécu. (Tiens, un peu comme une vieille paire de baskets préférée.)
L’astuce ? Parler des défauts sans les dramatiser. Mais sans les enrober non plus.
Ne rénovez pas… à moitié
On vous l’a peut-être dit : “Faites quelques travaux, ce sera plus facile à vendre.” Oui… mais non. Un chantier à moitié fini, c’est comme une tarte aux fraises sans fraises. Frustrant. Un sol refait et des murs à nu ? Pire qu’un tout-à-refaire. Parce que l’acheteur ne sait plus où il en est. Il voit les travaux. Mais il ne comprend pas le projet. Alors soit on fait tout propre (et on assume un prix plus haut). Soit on ne touche à rien, et on baisse le prix. Entre les deux ? Ça sent l’hésitation.
Et l’hésitation, ça ne se vend pas.
Valoriser ce qu’on ne voit pas
Un grenier immense, une orientation plein sud, un jardin sans vis-à-vis… Ça ne se repeint pas, mais ça fait toute la différence. Quand une maison est à rénover, l’acheteur cherche autre chose. De la lumière. Du calme. Des volumes. Du cachet. Des possibilités. Il faut donc ouvrir les yeux (et ceux des visiteurs) sur ce qu’il pourra faire. Et pas seulement sur ce qu’il doit refaire.
Un plafond cathédrale peut faire oublier une salle de bains vétuste. Une verrière possible dans la cuisine ? Et tout change.
Parlez en termes d’envie, pas de défauts
“Oui, il faudra tout casser.” Non. On n’est pas là pour faire peur. Plutôt : “Il y a de quoi imaginer une pièce à vivre incroyable ici.” Même chose pour la façade à ravaler : “Le style 1930 est là, avec un coup de pinceau, elle peut retrouver toute sa superbe.” C’est une question de regard. On ne vend pas des murs. On vend un projet. Une vision. Une vie à inventer. C’est là que ça devient excitant.
Tiens, ça me fait penser à ces friperies où on déniche un trésor sous un tas de pulls tristes. Même énergie.
Les professionnels sont vos meilleurs alliés
Un notaire bien choisi. Un agent immobilier avec un bon carnet d’adresses. Et surtout… un diagnostiqueur franc et clair. Tous ces gens-là vont faire la différence. Pourquoi ? Parce qu’une maison avec travaux, ça demande un peu plus de pédagogie. Un peu plus de transparence. Et surtout, un peu plus de narration. Un bon professionnel saura guider les visites, expliquer les devis, rassurer sans baratiner.
Et dans certains cas, proposer un plan 3D ou des estimations chiffrées, pour aider les acheteurs à se projeter. Un petit croquis peut parfois faire plus que mille mots.
Les photos : décisives, même dans un chantier
On pense souvent qu’une maison à rénover, ça ne se photographie pas. Faux. Ça se met en scène. Un rayon de soleil qui traverse une pièce vide. Une vieille poutre sous la poussière. Un escalier en bois un peu grinçant mais plein de charme. Ce sont des détails, oui. Mais ce sont eux qui racontent. Un bon photographe (ou un téléphone, bien utilisé) peut capter ça. Pas besoin de mentir. Juste de suggérer.
Et si vraiment c’est trop brut, pensez à la modélisation virtuelle : une photo de l’existant + une photo du “possible”. Avant/après. Ça, ça parle.
Le prix : soyez justes, pas flous
C’est LE nerf de la guerre. Une maison avec travaux, si elle est surcotée, ne se vendra pas. Point. Mais à l’inverse, brader sans raison ? Mauvais signal. Ça fait suspect. Il faut donc s’appuyer sur des comparables. Des ventes récentes. Des maisons similaires. Et surtout, prendre en compte le coût réel des travaux. Pas un “ça doit tourner autour de…” lancé au hasard. Non. Un vrai devis. D’artisan. Noir sur blanc.
L’idée ? Que l’acheteur n’ait pas l’impression de jouer à la roulette russe.
Les profils d’acheteurs à viser
Oubliez la famille qui veut juste poser ses valises. Elle ira voir ailleurs. En revanche… un investisseur, un jeune couple bricoleur, un architecte en quête de liberté créative ? Là, ça matche. Il faut donc penser à adapter l’annonce. Le ton. Les mots. “Maison avec fort potentiel d’aménagement”, “idéal projet locatif”, “beaux volumes à réinventer”… Le vocabulaire, ça change tout. On n’appâte pas un poisson-chat avec les mêmes appâts qu’un brochet, non ?
Et si on vendait avec un projet clé en main ?
C’est une tendance qui monte. Proposer la maison avec un projet de rénovation déjà pensé. Des plans, un devis, des délais. L’acheteur achète la maison ET l’idée. Il peut même parfois négocier les travaux dans le prix global, avec l’artisan déjà trouvé. Moins de stress. Moins de surprises. Et un coup de cœur plus facile à déclencher.
C’est un peu comme vendre une coquille d’œuf… avec la recette de l’omelette.
Et s’il y a des “vices cachés” ?
Petite parenthèse juridique (mais qui compte). Si vous savez qu’un mur est moisi, que les fondations sont fragiles ou qu’il y a un souci d’amiante… vous devez le dire. Le cacher, c’est risquer un procès. Et personne n’a envie de ça. Une vente réussie, c’est une vente sereine. Même avec des défauts, oui. Tant qu’ils sont connus, assumés, intégrés au prix.
Mieux vaut un acheteur averti qu’un conflit après la signature.
Et si, finalement, on ne vendait pas ?
C’est bête à dire, mais… parfois, le chantier fait peur. À vous, d’abord. Alors on veut vendre. Vite. Sortir du truc. Mais est-ce que vous l’avez regardée vraiment, cette maison ? Est-ce que vous vous êtes demandé ce qu’elle pourrait devenir ? Parce que parfois, une maison moche devient la maison d’une vie. Avec un peu de temps. Un peu de courage. Et quelques bons artisans.
Mais bon. Si vous êtes là, c’est que vous avez déjà réfléchi. Alors autant vendre bien. Et surtout, vendre juste.

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