Cintres cassés, tordus, inutiles : on en fait quoi ?
Un cintre, c’est discret. Presque trop. Il s’incruste dans l’armoire, joue les funambules sur la tringle… puis un jour, paf. Il casse, il rouille, il devient bancal. Et là, question qui gratte : dans quelle poubelle faut-il jeter un cintre ? Spoiler alert : ça dépend. Oui, encore.
Mais d’abord, pause minute mémoire. Qui n’a jamais gardé un vieux cintre “au cas où” ? Celui en ferraille des pressings, le plastique noir de la dernière robe soldée, ou le joli en bois d’un manteau d’hiver trop grand. Et puis on les oublie. Comme les chaussettes orphelines. Jusqu’au grand tri. Et là, panique… poubelle jaune, verte, noire ? Bonne chance.
Cintre en plastique : recyclable ou pas ?
À première vue, on dirait que oui. C’est du plastique après tout ! Sauf que non. Pas toujours. Certains cintres en plastique sont faits d’un mélange de matériaux (résines, crochets en métal, finitions teintées). Résultat ? Ils sont rarement recyclables dans les bacs jaunes.
Il y a bien des exceptions, bien sûr. Certaines collectivités les acceptent (vive la carte des exceptions locales), mais dans la majorité des cas, un cintre en plastique finit dans la poubelle des déchets ménagers, la poubelle grise donc. Triste sort.
Et ce plastique-là, il ne fond pas doucement. Il crame. Il part à l’incinérateur. Oui, c’est moche. On voudrait bien faire, mais parfois, le système coince.
Cintre en bois : et l’arbre dans tout ça ?
Ah, celui-là, il sent la penderie chic. Le cintre en bois a son charme : lourd, stable, classe. Mais question recyclage ? Il ne va pas dans la poubelle de tri non plus. Pourquoi ? Parce que c’est rarement du bois brut.
Souvent vernis, traité, teinté… ce bois-là ne se composte pas et ne se recycle pas comme les cartons ou papiers. Il doit aller, lui aussi, dans la poubelle des ordures ménagères. Ça pique un peu. On imagine déjà une forêt qui soupire.
Cela dit, si le cintre est 100 % bois brut (rare, mais possible), et qu’il n’a ni vis, ni vernis, on peut le casser en morceaux et le mettre au compost. À condition d’avoir un compost de jardin, bien sûr. Et de ne pas avoir peur de bricoler un peu.
Cintre en métal : poubelle ou déchetterie ?
Lui, c’est le dur à cuire. Le cintre en fer des pressings, celui qui se tord comme un spaghetti froid. En théorie, le métal se recycle. Bonne nouvelle ? Pas si vite.
Ce type de cintre est souvent trop fin pour les chaînes de tri. Il s’emmêle, bloque les machines… Bref, c’est le cauchemar des centres de tri. Alors, sauf exception, il ne va pas dans la poubelle jaune.
Mais tout n’est pas perdu : direction la déchetterie. Oui, carrément. Là-bas, il rejoindra la benne à ferraille. Ça peut valoir le coup d’en accumuler quelques-uns avant de faire le déplacement. Histoire de ne pas prendre la voiture pour trois bouts de fil de fer.
Et dans certaines villes, les recycleries acceptent ces cintres, surtout s’ils sont encore utilisables. Astuce : si vous en avez beaucoup, appelez les pressings du coin. Certains les reprennent. Oui, vraiment.
Et les cintres bizarres ? Avec pinces ? Mousse ? Velours ?
Alors là, bon courage. Les cintres mixtes (métal + plastique + mousse + velours) sont les pires. Des chimères. Aucun tri classique ne les accepte. Trop de matériaux, trop de complexité. C’est un peu comme jeter un pull en laine et soie dans la machine à 90°C. Mauvaise idée.
Dans ce cas, pas de miracle : poubelle grise, et c’est tout. Ou… une idée un peu folle : le réemploi.
Oui, on peut leur offrir une deuxième vie. Détourner, transformer, customiser. Pinterest regorge de tutos pour faire des cintres déco, des supports de bijoux, des suspensions de plantes… Bon, on ne promet pas que ce soit toujours réussi, mais ça évite la benne.
Pourquoi les cintres sont-ils aussi peu recyclés ?
Tiens, c’est vrai ça. Pourquoi un objet aussi banal finit-il si souvent incinéré ?
Déjà, parce qu’il est mal fichu. Un cintre, c’est rarement fait d’un seul matériau. Il y a souvent des mélanges, des vis, des colles, des textures. Et puis il n’a pas de filière claire.
Ensuite, parce qu’on ne sait pas. Qui nous a dit un jour où les jeter ? Personne. Alors on improvise. On teste. On culpabilise.
Et enfin, parce qu’ils coûtent peu cher. Tellement peu qu’on les jette sans y penser. Et ça, c’est peut-être le vrai souci : les objets jetables invisibles. Ceux qu’on oublie de remettre en question.
Des solutions pour éviter le gaspillage ?
On peut déjà refuser les cintres à la caisse, surtout ceux des enseignes de prêt-à-porter. Ou les rendre. Certains magasins les récupèrent, les réutilisent. C’est pas très connu, mais ça existe.
On peut aussi privilégier des cintres durables, beaux, solides, qu’on garde des années. Ceux qu’on ne jette pas. Ceux qu’on répare. Oui, ça se répare. Un crochet desserré, ça se revisse. Une éraflure, ça se ponce.
Autre piste : donner les cintres encore utilisables. Aux assos, aux écoles, aux ateliers créatifs. Même à des amis qui déménagent. Parce que quand on est en plein déménagement, on cherche désespérément… des cintres. Toujours.
Récap rapide (mais pas fainéant)
- Plastique ? Poubelle grise, sauf cas local rare.
- Bois ? Poubelle grise (sauf bois brut, compost possible).
- Métal ? Déchetterie ou ressourcerie, mais pas poubelle jaune.
- Mixte / mousse / velours ? Poubelle grise aussi.
- Encore utilisable ? Don, récupération, détournement créatif.
Et si on en profitait pour trier un peu ?
Parce qu’au fond, jeter un cintre, c’est souvent le signe qu’on fait du vide. Qu’on trie sa garde-robe, qu’on passe à autre chose, qu’on respire un peu. Ce petit objet tordu qu’on balance, c’est aussi une mue discrète. Un truc en trop qu’on lâche.
Alors oui, la bonne poubelle, c’est utile. Mais ce geste, ce mini-rituel, il raconte autre chose. Il parle de ce qu’on garde, de ce qu’on laisse filer. Et parfois, ce sont des cintres. D’autres fois, des souvenirs. Ou des habitudes qu’on ne veut plus suspendre.

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