Dans quelle poubelle va le polystyrène

Dans quelle poubelle va le polystyrène?

Le polystyrène, ce mal-aimé du tri

On l’écrase. On le jette. On le maudit. Mais le polystyrène, lui, ne bronche pas. Il est là, léger comme une plume… et tout aussi tenace qu’un chewing-gum collé sous une semelle. Le souci ? On ne sait jamais où le mettre. Bac jaune ? Ordures ménagères ? Colissimo vers Saturne ?

Ça ressemble à du plastique, non ?

Oui… mais non. Le polystyrène, c’est un plastique un peu particulier. Rigide ou expansé (vous savez, celui qui crisse sous les doigts et fait un bruit d’ongles sur tableau noir), il emballe nos pizzas, cale nos téléviseurs, tapisse nos boîtes de chips… et termine souvent là où il ne faut pas.

Petite image pour bien le situer ? Imaginez un bloc blanc, ultra léger, qui se casse en miettes dès qu’on le tord. C’est lui. Le roi des colis. Le fantôme des plages. Le cauchemar des centres de tri.


Dans quelle poubelle va-t-il vraiment ?

Spoiler : ça dépend. Et oui, désolé, pas de réponse universelle, mais des cas de figure. Voici un petit guide sensoriel (et pas chiant, promis).

Le polystyrène expansé (PSE), celui qui fait « crrrr »

Vous venez de déballer un grille-pain flambant neuf. À l’intérieur, deux blocs blancs qui grincent quand vous les touchez. C’est du PSE. Et lui, dans la majorité des communes françaises, ne va pas dans le bac de tri.

Pourquoi ? Parce qu’il est trop léger, trop friable, pas rentable à recycler. Il part donc dans la poubelle grise, celle des ordures ménagères. Oui, ça fend un peu le cœur, surtout quand on veut bien faire. Mais c’est la règle actuelle dans la plupart des cas.

🟢 Exception : certaines déchetteries acceptent le polystyrène expansé à part. Renseignez-vous, sérieusement, parfois ça vaut le détour.


Le polystyrène alimentaire : barquettes, pots, couvercles

Barquette de viande, boîte de burger, pot de sauce… Si c’est sale, gras, collant, inutile de tourner autour du pot : direction la poubelle d’ordures ménagères.

Si c’est propre, pas imbibé de ketchup ou de jus de steak, là encore, ça dépend de votre ville. Certaines communes avec des centres de tri modernes acceptent le polystyrène propre dans le bac jaune (on y reviendra).

Tiens, ça me fait penser à ce moment gênant où on reste planté devant ses poubelles, le couvercle en l’air, l’emballage à la main, à hésiter comme devant un choix cornélien. On dirait rien, mais c’est là que naît l’éco-anxiété.


Pourquoi c’est si galère à recycler ?

Parce que le polystyrène, c’est un peu comme ce pote flou qui ne répond jamais aux textos : pas facile à capter. Il est composé à 95 %… d’air. Oui, d’air. Autant dire que pour le transporter et le compacter, c’est un cauchemar logistique.

Et côté transformation ? Peu de filières le prennent. Pas parce qu’on ne peut pas le recycler (spoiler : on peut), mais parce que ça coûte cher, ça demande des machines spécifiques, et ça n’intéresse pas grand monde… encore.

C’est un peu comme si on vous demandait de déménager un château en mousse. Ça prend de la place, ça se casse, ça vole au vent, et ça finit souvent en miettes.


Bonne nouvelle : les règles évoluent

À partir de 2023, un gros mot a fait son apparition dans les bacs : l’extension des consignes de tri. Traduction ? Dans de plus en plus de communes, tous les emballages plastiques sont désormais acceptés dans le bac jaune. Y compris ceux en polystyrène.

Donc si vous habitez à Lyon, Strasbourg, Montpellier ou dans un coin déjà converti à cette nouvelle règle, bingo : barquette propre, pot de yaourt en polystyrène, tout ça va dans le bac jaune. (Propre, hein. Pas une piscine de sauce tartare.)

Mais si vous vivez encore dans une commune “ancienne version” ? Il faut continuer à trier à l’ancienne. Et croyez-nous, mieux vaut une erreur dans le bon sens (mettre un douteux à la poubelle classique) que de polluer tout un bac de tri.


Comment savoir ce qui est trié chez vous ?

Simple : allez voir votre syndicat de collecte local ou le site www.consignesdetri.fr. Tapez votre code postal, et hop, les bonnes consignes s’affichent.

Et sinon, petit truc visuel : si votre ville a remplacé tous les bacs et affiches de tri récemment, il y a de fortes chances qu’elle soit passée aux nouvelles consignes. Dans le doute, mieux vaut vérifier. Parce que rincer son pot de crème et le balancer dans le mauvais bac, c’est un peu comme faire la vaisselle… dans son bain.


Le cas du polystyrène dans les colis

On en parle ? Ces chips blanches qui volent partout ? Ce truc qu’on retrouve encore deux semaines après avoir reçu son blender ? Oui, ces flocons de calage en polystyrène.

➡️ S’ils sont propres et secs, vous pouvez parfois les déposer en déchèterie, dans une benne spécifique.
➡️ S’ils sont souillés, poubelle grise.
➡️ Et sinon, si vous êtes joueur, certains commerces les récupèrent pour réutiliser l’emballage (ça se tente).

Tiens, et tant qu’on y est : les cartons qui les accompagnent, eux, vont évidemment dans le bac jaune. Mais faut penser à les vider. Un carton plein de flocons, c’est comme un thé au lait dans un verre à vin : ça fait désordre.


Et si on arrêtait d’en produire ?

Bonne question. Et la réponse, c’est… on y travaille. Lentement. Trop lentement ? Peut-être. Mais la législation avance. Depuis 2021, certains usages sont interdits : gobelets en polystyrène, boîtes à emporter, couverts… tout ça, c’est fini.

D’autres alternatives émergent : amidon de maïs, carton moulé, cellulose. Et certaines grandes marques prennent le virage. Alors oui, c’est encore timide. Mais un jour, peut-être, on pourra ouvrir un colis sans voir tomber cette neige blanche et grinçante.

Et là, ce jour-là, il faudra qu’on en parle autour d’un café. Un vrai. Dans une tasse en céramique. Sans polystyrène autour.


En résumé (mais sans résumé barbant)

  • Le polystyrène expansé, celui des colis : ordures ménagères, sauf si votre déchèterie le récupère.
  • Le polystyrène alimentaire, type barquette : poubelle classique, sauf si votre ville a adopté les nouvelles consignes.
  • Pour le savoir avec certitude, direction http://www.consignesdetri.fr.
  • Le recyclage du polystyrène ? Compliqué, mais pas impossible. Il manque des filières, pas des idées.
  • Et surtout : mieux vaut un tri imparfait que pas de tri du tout.

Envie de bien trier ? Commencez par lever le doute. Jeter, c’est facile. Trier, c’est un peu comme cuisiner sans recette : on hésite, on improvise, mais au bout du compte… on s’en sort. Et vous verrez, à force de se poser des questions, on devient presque accro. À trier. Pas au polystyrène. Lui, on s’en passerait bien.


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