Ça a l’air simple… et pourtant
Vous êtes devant vos poubelles. D’un côté la jaune, de l’autre la verte. Dans la main ? Un pot de confiture vide. Plus d’étiquette, parfaitement rincé. Et là, la question fuse : jaune ou verte ? Ça paraît bête, hein ? Et pourtant, c’est le dilemme du siècle, ou presque. Une hésitation muette, un petit doute glissé dans le quotidien.
On voudrait bien tout recycler. Tout faire comme il faut. Sauver les ours polaires, les forêts, l’air qu’on respire. Mais voilà : entre ce qu’on croit, ce qu’on entend et ce qu’on fait… il y a souvent un monde. Et dans ce monde, le verre n’a rien à faire dans la poubelle jaune. Surprise ? On vous explique.
Spoiler : non, ce n’est pas la bonne poubelle
Allez, tranchons net : non, on ne jette pas le verre dans la poubelle jaune. Jamais. Même si c’est un petit pot de yaourt en verre. Même s’il est tout mignon, tout propre, tout prêt à être refondu. Même si l’étiquette est partie à la vaisselle. Rien n’y fait. Il doit aller dans la poubelle à verre (souvent la verte, parfois avec un trou rond, toujours quelque part dans la rue). Et surtout pas avec les plastiques et cartons de la poubelle jaune.
Pourquoi ? Parce que dans les centres de tri, le verre est un cauchemar. Il casse, il coupe, il abîme les machines, il contamine les autres matériaux. Il fait du bruit (et pas le bon genre), il ralentit tout le monde. Bref : il dérange. Et il est déjà prévu pour un autre circuit, bien à lui, plus propre, plus logique.
Mais alors… qu’est-ce qu’on met dans la jaune ?
On y glisse les emballages en plastique, les briques alimentaires, les canettes, les boîtes en métal, les cartons, les journaux, et tous les papiers qu’on laisse traîner. Tout ce qui entoure les produits. Le contenu ? À finir avant, évidemment.
Depuis quelques années, on y autorise même les petits plastiques souples : les barquettes, les pots de crème, les sacs plastiques propres. Mais attention, pas de mélange hasardeux. Pas de verre, jamais. Ni de vaisselle. Ni de miroir. Ni de vitre. Rien qui puisse casser avec un bruit sec et une odeur de mauvaise idée.
“Mais le verre, c’est recyclable, non ?”
Oui. Mille fois oui. Le verre est recyclable à l’infini. Pas de perte de qualité, pas d’usure dans le processus. Une bouteille peut redevenir bouteille. Encore et encore. Un vrai phénix. Mais à condition de suivre la bonne voie. Celle des colonnes vertes (ou marron, selon les villes), souvent sur le trottoir, jamais dans la cuisine.
Et ça, franchement, c’est beau. Parce que quand on trie bien, on évite la casse – au sens propre et au figuré. On soulage les agents de tri (coucou les héros de l’ombre), on économise de l’énergie, on protège les ressources. Et au passage, on évite de flinguer les machines avec des tessons planqués sous une boîte de thon.
Tiens, à propos : tous les verres vont-ils dans le bac à verre ?
Eh non. Encore une petite embuscade. Tous les objets en verre ne sont pas recyclables. Oui, c’est fourbe.
Voici ceux qui n’ont rien à faire dans le conteneur à verre :
- La vaisselle en verre (verres à boire, assiettes, plats)
- La porcelaine, la faïence, les vitres, les miroirs
- Les ampoules (sauf celles en LED, à déposer ailleurs)
- Les verres spéciaux type Pyrex (trop de résistance thermique)
Pourquoi ? Parce qu’ils ne fondent pas à la même température. Et du coup, ça ruine tout le lot à recycler. Un intrus, et hop, tout part à l’enfouissement. C’est comme une cerise pourrie dans une salade de fruits. Dommage, non ?
Et les pots cassés ? Au secours, que faire ?
Si votre pot de confiture a glissé de l’évier et s’est explosé en mille morceaux, pas de panique. Munissez-vous de gants, d’un balai, d’un sac bien solide. Et direction la poubelle classique (oui, celle des ordures ménagères). Le verre brisé, même s’il vient d’un emballage, n’est plus triable. Trop dangereux. Trop dispersé. Trop… tout, en fait.
Un petit frisson dans le dos ? Normal. Personne n’aime gâcher. Mais parfois, c’est mieux ainsi.
Et puis, avouons-le…
On a tous jeté un pot de verre dans la poubelle jaune un jour. Par flemme, par oubli, ou juste parce qu’on pensait bien faire. On s’est dit “allez, ça passera”. Et c’est humain. Mais maintenant qu’on sait ? On change. Doucement. À notre rythme. Une habitude après l’autre.
Parce que le tri, ce n’est pas une performance. C’est un réflexe imparfait mais nécessaire. Un peu comme fermer le robinet en se lavant les dents. Ou ne pas tout mettre au lave-linge quand une main suffit. C’est discret, mais ça compte. Pour soi, pour les autres, pour ce qu’on laissera derrière nous.
Et si on faisait mieux que trier ?
Pourquoi ne pas réutiliser ? Un pot de confiture devient un verre à eau rustique, un pot à crayons, un mini-vase, une lanterne. Avec un peu de ficelle et une bougie chauffe-plat, ça fait des merveilles. C’est joli, c’est malin, et ça évite un trajet inutile.
C’est drôle, mais certains de ces pots réutilisés durent plus longtemps que les verres du commerce. Comme quoi, le recyclage le plus efficace, c’est parfois de ne pas jeter du tout.
- Le verre ne va jamais dans la poubelle jaune
- Il a sa propre filière, solide, indépendante
- On jette uniquement les emballages dans la jaune : plastique, métal, carton
- Les objets cassés (ou spéciaux) vont aux ordures ménagères
- Et parfois, un pot bien propre vaut mieux sur l’étagère que dans une benne
Et maintenant ?
On y pense, la prochaine fois qu’on finit un bocal d’olives. On hésite deux secondes, puis on choisit la bonne direction. Pas pour la médaille du tri sélectif, mais juste… parce que ça fait sens. Parce qu’on peut faire notre part, dans ce petit geste du quotidien. Parce que même un pot vide peut éviter du gâchis, ou devenir la prochaine bougie qu’on allumera un soir d’été. Qui sait ?

Laisser un commentaire