Quelle épaisseur d’isolant derrière du placo ?

On croit toujours que c’est simple. Une plaque de placo, un isolant derrière, et hop, le tour est joué. Et puis un jour, on veut accrocher une étagère. On perce… et là, surprise : ça sonne creux, trop creux. Ou alors, ça résiste comme une armure de tank. Bref, c’est là qu’on se dit : “Mais au fait, qu’est-ce qu’il y a derrière ce placo ? Et quelle épaisseur ?

Entre mythe du “minimum syndical” et réalité thermique

Dans les faits, il n’y a pas d’épaisseur “officielle” valable pour toutes les situations. Ça dépend. De plein de choses. De la région, de l’usage de la pièce, du type d’isolant, et même… du budget de celui qui a fait les travaux (eh oui).

Mais on peut quand même donner des repères solides. Des fourchettes, des vrais chiffres. Pas des “à peu près”. Vous allez voir.


Les épaisseurs les plus courantes : chiffres concrets, pas du blabla

Derrière du placo sur ossature : la star des murs modernes

Quand on pose une cloison en placo sur rails métalliques, on glisse souvent un isolant entre les montants. Classique. Le roi des isolants ? La laine de verre. Pas très sexy, mais redoutablement efficace.

  • Épaisseur fréquente : 45 mm à 100 mm
  • Le plus courant ? 75 mm

Pourquoi cette épaisseur ? Parce que les rails font souvent 48 ou 70 mm. Alors forcément, on met un isolant qui rentre dedans. Pas plus. Pas moins. Sinon… ça gondole, ou ça ne sert à rien.

Un conseil ? Ne choisissez jamais un isolant plus épais que l’ossature. Ça va forcer, comprimer le matériau, et réduire ses performances. Comme une doudoune trop serrée : elle ne vous tiendra pas chaud.

Pour l’isolation des murs extérieurs : là, on voit large

Quand on pose du placo pour habiller un mur donnant sur l’extérieur, l’isolant devient plus sérieux. Et plus généreux.

  • La norme actuelle vise plutôt 100 à 140 mm
  • Mais dans les maisons BBC ou RT 2020, on monte à 160 mm, voire plus

Tiens, ça me fait penser à une maison visitée en plein hiver, à Clermont-Ferrand. Pas un bruit, pas un frisson. L’isolant faisait 180 mm. Derrière du placo, bien sûr. Une vraie couette contre le monde extérieur.

Bref, si c’est un mur froid, un mur exposé, un mur nord : visez large. L’épaisseur, ici, c’est pas du luxe. C’est du confort. Et du silence.


Quel isolant exactement ? Parce que tous ne se valent pas

C’est pas juste une question d’épaisseur. C’est aussi une question de matière. Une mousse, une laine, un panneau rigide ? Et pour quoi faire : contre le froid, le bruit, l’humidité ?

Laine de verre : le classique un peu piquant

Mais attention. Ça gratte. Ça s’effrite. Et ça n’aime pas trop l’eau.

Laine de roche : le costaud

  • Meilleure isolation phonique
  • Résiste mieux au feu
  • Plus dense

Souvent utilisée dans les appartements bruyants. Pour ne plus entendre les voisins qui chantent sous la douche.

Polyuréthane (PU) ou polystyrène expansé (PSE) : le compact

  • Super isolant thermique
  • Faible épaisseur pour grande performance
  • Mais… peu écologique et pas top en acoustique

Un panneau de 80 mm de PU peut isoler aussi bien qu’une laine de 120 mm. Bluffant, non ? Mais un peu moins respirant.

Matériaux écologiques : pour ceux qui respirent (et veulent respirer mieux)

  • Chanvre, ouate de cellulose, fibre de bois…
  • Parfaits pour les murs qui ont besoin de “vivre”
  • Épaisseur variable, souvent 100 mm et plus

C’est plus cher. Mais ça sent bon, ça se recycle, et c’est doux. Même pour la planète.


Et l’humidité dans tout ça ? Ne jamais l’oublier

Une chambre humide, un mur froid… et hop, bonjour la condensation. Et derrière le placo, devinez quoi ? Un champ de moisissures, invisible, mais bien là.

Dans ces cas-là, l’épaisseur ne suffit pas. Il faut réfléchir pare-vapeur, étanchéité à l’air, ventilation. Sinon, vous isolez pour rien. Ou pire : pour empirer les choses.

Et c’est souvent dans les salles de bain ou les cuisines qu’on trouve les erreurs les plus moches. Une laine de verre posée à l’arrache, sans membrane. Trois hivers plus tard : le mur pèle, le placo gondole, et tout sent le renfermé.


Faut-il viser “le plus épais possible” ? Pas si simple…

On pourrait croire que “plus c’est épais, mieux c’est”. Mais… non. Il y a des limites.

  • D’abord, parce que l’espace intérieur rétrécit. Perdre 20 cm sur tout un mur, ça se sent. Vraiment.
  • Ensuite, parce que le pont thermique peut se déplacer. Si le sol ou le plafond n’est pas isolé… c’est un peu comme mettre un bonnet en laine avec des sandales ouvertes.
  • Enfin, parce qu’un bon isolant mal posé reste un mauvais isolant.

Ce qui compte, c’est l’ensemble : l’isolant, l’étanchéité, la pose. Et oui, parfois, mieux vaut un bon 100 mm bien placé qu’un 140 mm mal comprimé.


Un petit mot sur les normes (promis, c’est rapide)

  • Pour respecter la réglementation thermique RT 2012 ou RE 2020, on recommande une résistance thermique R ≥ 3,7 m².K/W pour les murs.
  • Traduction ? Il faut souvent 120 à 160 mm de laine de verre ou 100 mm de polyuréthane.

Mais attention, chaque isolant a son propre lambda (sa capacité à retenir la chaleur). Donc pour une même épaisseur, les performances peuvent varier du simple au double. Oui, du simple au double !


Et si on veut isoler le bruit, pas le froid ?

Ah ! Grande question. Parce que ça, c’est une autre histoire. Si l’idée, c’est d’éviter d’entendre la chasse d’eau du voisin, ou les talons du dessus, alors l’épaisseur thermique ne suffit pas.

Il faut des matériaux plus denses, plus lourds, souvent doublés de plaques phonique type Placo® Phonique.

  • Une cloison acoustique efficace ? Comptez 100 mm de laine de roche + double peau de placo. Résultat : un petit cocon de silence.

Et pour les puristes : on ajoute des bandes résilientes, on découple les structures, on limite les points de contact. Là, on entre dans l’art de l’acoustique.


Ce qu’on retient, au fond

L’épaisseur de l’isolant derrière du placo, c’est un compromis. Entre confort et espace. Entre performance et budget. Entre chaleur et silence.

Mais ce n’est jamais un hasard. Et encore moins une case à cocher.

Ce que vous entendez quand vous marchez, ce que vous sentez en entrant dans une pièce, ce que vous ne ressentez plus en hiver… tout ça commence derrière une simple plaque de plâtre.


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