Un joint de placo raté, ça se voit. Même sous trois couches de peinture. Ça accroche la lumière, ça fait une ombre bizarre… et voilà, on ne voit plus que ça. Vous aussi ? Rassurez-vous. Pas besoin de tout casser. Ni de maudire la cloison. On peut rattraper ça proprement, sans tout refaire, et sans transformer le salon en chantier poussiéreux pendant deux semaines.
Déjà, on respire. Le placo, c’est indulgent. Ça pardonne les maladresses. Un joint mal lissé, une bande mal noyée, une bosse qui ressort… tout ça se corrige. Oui, même ce relief qui ressemble à une vague figée.
Avant d’agir, observez. La lumière rasante est votre meilleure alliée. Placez une lampe contre le mur. Regardez les ombres. Ça révèle tout. Les creux. Les surépaisseurs. Les bulles sous la bande. C’est un peu cruel, mais au moins, on sait où intervenir.
Identifier le problème avant de sortir l’enduit
On ne rattrape pas un joint de la même façon selon le défaut. Logique. Un simple manque de ponçage ne se traite pas comme une bande décollée.
Si le joint est trop visible après peinture
Cas classique. La peinture sèche, et là… surprise. Une trace brillante. Un léger bourrelet. Pourquoi ? Souvent, le joint n’a pas été assez large. Ou pas assez poncé. Résultat : la surface n’est pas parfaitement plane.
Ici, pas besoin d’arracher la bande. On va élargir le joint. Oui, l’élargir. Avec un enduit de finition, on applique une couche fine, plus large que la précédente, en débordant bien sur les côtés. Couteau large. Geste souple. On tire l’enduit comme on étale du beurre mou. Sans appuyer trop fort.
On laisse sécher. On ponce délicatement. Grain fin. Pas comme un forcené. Juste pour lisser. Et souvent… magie. Le défaut disparaît sous la prochaine couche de peinture.
Si la bande à joint fait des bulles
Là, c’est autre chose. Une bulle, ça sonne creux. Tapez légèrement. Si ça claque, la bande ne colle plus.
Pas de panique. On incise la bulle au cutter. On enlève la partie décollée. Pas toute la bande, juste la zone concernée. Ensuite, on remet de l’enduit à joint, on replace un morceau de bande (ou on noie celle qui reste si elle tient encore). On lisse. On laisse sécher. On ponce.
C’est localisé. C’est propre. Et on évite le grand massacre.
Les outils qui changent tout
Franchement, un mauvais outil complique tout. Un bon couteau à enduire, bien large, ça change la vie. 20 cm minimum pour lisser. Une spatule plus petite pour les retouches. Du papier abrasif grain 120 puis 180. Une cale à poncer. Et surtout, une bonne lumière.
Tiens, la lumière… On n’y pense pas assez. Pourtant, c’est elle qui trahit les défauts. Travaillez toujours avec un éclairage latéral. Ça évite les mauvaises surprises après peinture.
Et l’enduit ? Prenez un produit de finition, prêt à l’emploi si possible. Plus souple. Plus facile à lisser. Moins de traces.
Rattraper un joint trop creusé
Parfois, le joint n’est pas en relief. Il est en creux. Une légère tranchée au milieu de la plaque. Là aussi, la peinture accentue tout.
Solution simple : rechargez. Une fine couche d’enduit. Pas épaisse. Juste de quoi combler le creux. On lisse largement autour pour fondre la réparation dans la surface.
Le secret ? Étaler loin. Toujours plus large que la zone à corriger. Sinon, on crée un nouveau défaut en bordure.
On laisse sécher. On ponce doucement. On passe la main. Oui, la main. Les doigts sentent les défauts mieux que les yeux. S’il reste une petite vague, on recommence. Parfois, deux passes sont nécessaires. Ce n’est pas un échec. C’est normal.
Que faire si le joint fissure ?
Une fissure fine, en ligne droite, le long d’un joint… ça arrive. Souvent lié à un mouvement de la structure ou à un séchage trop rapide.
Ne peignez pas dessus. Ça reviendra. Il faut rouvrir légèrement la fissure au cutter, pour que l’enduit accroche. Ensuite, on applique un enduit spécial fissures ou un enduit à joint classique, en fine couche.
Si la fissure est large ou revient sans cesse, il faudra peut-être poser une nouvelle bande. Oui, même si ça semble contraignant. Mais dans la majorité des cas, une simple reprise suffit.
Ponçage : l’étape qu’on bâcle (à tort)
Le ponçage de joint placo, c’est délicat. Trop fort, on creuse. Pas assez, on garde les traces.
On travaille en lumière rasante. Toujours. On fait des mouvements larges et légers. On ne s’acharne pas au même endroit. Et surtout, on dépoussière avant de repeindre. Un mur couvert de poussière, ça boit la peinture différemment. Et là, bonjour les marques.
Petite astuce : passez un chiffon légèrement humide après ponçage. Ça capte les fines particules. Et ça révèle parfois des défauts invisibles à sec.
Peut-on rattraper sans rebander entièrement ?
Oui. Dans 80 % des cas. Tant que la bande tient et que le support est sain, une reprise locale suffit. On recharge. On lisse. On ponce. On peint.
Rebander entièrement, c’est nécessaire seulement si la bande est mal posée sur toute la longueur, ou si elle se décolle partout. Sinon, ce serait un peu comme refaire toute une route pour un nid-de-poule.
Et puis, soyons honnêtes… refaire tous les joints, c’est long. Poussiéreux. Fatigant. Alors autant cibler.
La peinture révèle tout : comment éviter la rechute
Une fois le joint rattrapé, ne vous précipitez pas sur la peinture brillante. Mauvaise idée. Les finitions satinées ou brillantes soulignent chaque relief.
Préférez une peinture mate pour masquer les micro-défauts. Et appliquez une sous-couche uniforme avant la finition. Le placo absorbe beaucoup. Sans sous-couche, les zones enduites ressortent différemment.
Et là encore, lumière rasante avant validation. On vérifie. On observe. On corrige si besoin. Mieux vaut perdre une heure que vivre des années avec une ombre suspecte sur le mur du salon.
Quand faire appel à un pro ?
Question légitime. Si le joint est vraiment irrégulier sur toute la surface. Si les fissures reviennent malgré les reprises. Ou si le plafond est concerné (et là, bras en l’air, poussière dans les yeux… on connaît).
Mais pour un joint de placo raté isolé, honnêtement, c’est accessible. Avec un peu de patience. Et quelques couches fines plutôt qu’une grosse épaisseur.
Le rattrapage de joint placo n’est pas une opération spectaculaire. C’est minutieux. Progressif. Presque méditatif, parfois. On ajoute. On enlève. On caresse la surface avec la lame. On recommence.
Et puis un jour, on passe la main. C’est lisse. La lumière glisse sans accrocher. Plus de bosse. Plus de creux. Juste un mur net. Et là, franchement, ça fait plaisir.

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