On se retrouve devant les bacs. Une seconde d’hésitation. Jaune ? Blanc ? Vert ? Ce petit moment flottant, tout le monde l’a connu. Et pourtant, la réponse est simple : les serviettes hygiéniques se jettent dans la poubelle des ordures ménagères, c’est-à-dire le bac vert ou gris selon votre commune.
Pas dans le bac jaune. Pas dans le verre. Pas dans les toilettes. Directement dans les déchets résiduels. Ceux “qui restent après le tri”.
À Paris, par exemple, la Ville est très claire : tout ce qui n’est ni emballage recyclable, ni verre, ni déchet alimentaire va dans le bac vert ou gris. Les protections menstruelles en font partie. Fin du suspense.
Pourquoi les serviettes hygiéniques ne sont pas recyclables ?
Visuellement, ça peut tromper. C’est blanc. Ça ressemble à du coton. On pourrait croire à du papier épais. Mais à l’intérieur, c’est une autre histoire.
Une serviette hygiénique contient un mélange de cellulose, de plastique, de colle, parfois de parfum synthétique, et surtout des polymères super absorbants. Ces composants sont fusionnés. Indissociables à l’échelle industrielle.
Or le tri sélectif fonctionne par matière. Les emballages sont recyclés parce qu’ils sont identifiables et séparables. Une serviette menstruelle usagée, elle, est un déchet composite. Impossible à traiter dans une filière classique.
Et puis il y a l’aspect sanitaire. C’est un déchet d’hygiène intime. Les centres de tri ne sont pas conçus pour manipuler ce type de produit. La réglementation les classe donc dans les ordures ménagères résiduelles.
Même si l’apparence suggère le contraire, la destination reste la même : bac vert ou gris.
Peut-on jeter une serviette hygiénique dans les toilettes ?
Non. Et vraiment, non.
Même si certaines mentions marketing laissent penser qu’un produit serait “jetable dans les WC”, une serviette hygiénique ne se dissout pas comme du papier toilette. Elle gonfle. Elle s’accroche aux parois. Elle crée des bouchons.
Résultat : canalisations obstruées, interventions coûteuses, débordements d’égouts… Chaque année, les réseaux d’assainissement retirent des tonnes de protections jetées par erreur.
Les toilettes ne sont pas une poubelle. Même quand on est pressé. Même quand on veut éviter de traverser le couloir.
Faut-il emballer la serviette avant de la jeter ?
Oui. C’est un réflexe simple.
L’idéal est de l’enrouler dans son emballage d’origine. Sinon, un peu de papier toilette suffit. Pas besoin d’un sac plastique supplémentaire. L’objectif est double : hygiène et discrétion.
Les agents de collecte manipulent les sacs. Une protection exposée est désagréable. Ce petit geste fait la différence.
On referme. On dépose. On passe à autre chose.
Où jeter les serviettes hygiéniques à Paris précisément ?
À Paris, les consignes sont structurées par couleur de bac.
Le bac jaune est réservé aux papiers et emballages en carton, métal et plastique. Ils doivent être vidés et déposés en vrac, sans sac. Les serviettes hygiéniques n’en font pas partie.
Le bac blanc concerne exclusivement les emballages en verre : bouteilles, pots, bocaux.
La borne marron est destinée aux déchets alimentaires.
Tout le reste va dans le bac vert ou gris. C’est donc là que doivent être jetées les protections menstruelles usagées.
La règle parisienne est limpide : si ce n’est pas recyclable ou alimentaire, c’est ordures ménagères.
Et les serviettes hygiéniques écologiques ou biodégradables ?
Bonne question. De plus en plus de marques proposent des serviettes hygiéniques écologiques, en coton biologique, sans plastique, sans chlore. Certaines sont présentées comme compostables.
Est-ce que cela change la poubelle ? Dans la majorité des cas, non.
Même biodégradable, une protection menstruelle usagée reste un déchet d’hygiène. Le compost domestique n’est pas adapté aux déchets contenant du sang. Les plateformes de compost industriel acceptent rarement ce type de produit, sauf indication très spécifique.
Donc, à moins d’une filière clairement identifiée dans votre commune, la destination reste la même : bac vert ou gris.
L’impact environnemental est réduit à la fabrication. Pas à la fin de vie.
Quelle est l’alternative la plus écologique ?
La vraie question dépasse la poubelle. Elle touche au volume.
Une personne menstruée utilise en moyenne entre 10 000 et 15 000 protections jetables au cours de sa vie. Cela représente plusieurs centaines de kilos de déchets.
Les alternatives réutilisables existent : cup menstruelle, culotte menstruelle, serviettes lavables. Elles réduisent drastiquement les déchets produits.
Ce n’est pas adapté à tout le monde. Il y a une phase d’adaptation. Des préférences personnelles. Mais en termes d’empreinte écologique, la réduction à la source reste la solution la plus efficace.
Moins de déchets. Moins de sacs. Moins d’incinération.
Que faire en cas de doute sur un déchet ?
Si vous habitez à Paris, la Ville recommande de placer dans le bac vert ou gris tout objet qui n’est pas clairement identifié comme recyclable.
Il existe aussi l’assistant tri de l’ADEME, un outil en ligne qui permet de saisir le nom d’un objet et d’obtenir la consigne adaptée selon votre localisation. Pratique en cas d’hésitation.
Car une erreur de tri peut perturber toute une chaîne de recyclage. Un seul intrus peut rendre un lot inutilisable.
Mieux vaut jeter une serviette hygiénique dans les ordures ménagères que contaminer un flux recyclable.
Pourquoi bien trier reste essentiel
Même si les serviettes hygiéniques ne sont pas recyclables, le tri des autres déchets reste fondamental.
Recycler une tonne d’aluminium évite l’extraction de deux tonnes de bauxite. Recycler le plastique permet d’économiser des centaines de kilos de pétrole brut. Les chiffres sont concrets. Les impacts mesurables.
Le tri sélectif réduit les émissions de gaz à effet de serre et préserve les ressources naturelles.
La serviette hygiénique va dans le bac vert ou gris. Mais les emballages, eux, doivent rejoindre le bac jaune.
C’est un geste quotidien. Discret. Répété des milliers de fois.
Et c’est cette répétition qui change l’échelle.

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